Avec des sorties à la limite de l'acceptable, les membres du gouvernement ferait passer Eric Zemmour et Alain Finkielkraut pour des Bisounours. On vit une belle époque...

La parole s’est libérée en France. L’islamophobie commence avec des mots, elle finit avec des crachats. La classe politique crache aujourd’hui sur près de 5 millions de Français, rabaissant Zemmour et Finkielkraut au rang de modérés.

Ils étaient les poils à gratter, l’un d’une droite bien à droite, l’autre d’une gauche réac. Eric Zemmour et Alain Finkielkraut étaient, ces dernières années, pas loin de monopoliser l’espace médiatique. L’un pour arriver à imposer « son » idée de Grand remplacement, l’autre pour dénoncer le « pogrom antirépublicain » dans les banlieues. Oui, mais voilà. Depuis quelques semaines, Zemmour et Finkielkraut sont devenus presque inaudibles. Non pas qu’ils ne s’expriment plus dans les médias, mais leurs sorties ne font désormais plus autant polémique. Comme al-Qaeda est devenu modéré depuis la résurgence de Daesh, Zemmour et Finkielkraut sont devenus des guimauves à côté de notre classe politique.

On ne distingue plus Valls de Zemmour

Pourquoi ? Parce que ce que disent ces deux « intellectuels » aujourd’hui est désormais la norme. Elisabeth Badinter, Laurence Rossignol, Manuel Valls ou Patrick Kanner… Les intellectuels « modérés » sont devenus des extrémistes comme les autres. Au nom de la laïcité, de la République ou du féminisme, chaque homme politique, chaque femme politique, chaque penseur est devenu un Zemmour en puissance. Le Grand remplacement ? Dépassé, aujourd’hui, on parle d’une centaine de Molenbeek français. L’islamophobie ? Il ne faut pas en avoir peur selon Elisabeth Badinter. Le voile ? C’est l’apanage des femmes soumises et esclaves. Les politiques se sont transformés en idéologues.

Alors, quand Zemmour estime que « Les Halles, c’est la synthèse (…) du grand remplacement », dans Le Figaro magazine, cela n’émeut plus personne. Il pense qu’un « peuple arabo-musulman s’est substitué aux anciens habitants » de la banlieue, et ça, c’est presque du Patrick Kanner dans le texte. Voire du Nadine Morano. Ces « insolences » d’Eric Zemmour font aujourd’hui pâle figure à côté des sorties honteuses de Manuel Valls. L’objectif du Premier ministre est atteint : on en oublie l’économie et le chômage pour se concentrer sur « la bataille identitaire. » Aidé par des médias comme Marianne, Valeurs Actuelles et Le Figaro. On ne distingue aujourd’hui plus la gauche de la droite. On ne distingue aujourd’hui plus Manuel Valls d’Eric Zemmour. Vivement 2017.

Salma Ben Taïeb

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