C’est une guerre qui se déroule « sous nos yeux » et pour laquelle « des gens ordinaires » paient le prix fort, résume Stephen O’Brien, secrétaire général adjoint de l’ONU chargé des Affaires humanitaires. Selon lui, « le temps est venu » de s’atteler à la situation catastrophique que subit la population yéménite depuis le début de la guerre à distance que se livrent l’Arabie Saoudite et l’Iran. Si, en 2014, le conflit avait débuté au Yemen entre les rebelles chiites Houthis et les forces ayant fait allégeance à l’ex-président Ali Abdallah Saleh, celui-ci s’est internationalisé un an plus tard avec l’entrée en guerre d’une coalition menée par l’Arabie Saoudite. Depuis le début des bombardements saoudiens, plus de 10 000 personnes sont mortes, selon l’ONU. Mais la situation s’aggrave de mois en mois : des centaines de milliers de Yéménites ont dû s’exiler et 17 millions de personnes ont aujourd’hui besoin d’une aide alimentaire.

Pas d’accord de paix en vue

Stephen O’Brien l’assure : il n’est plus temps de se poser des questions sur le gravité de la situation. « La crise n’est pas en train de venir, elle n’est pas imminente, elle est là aujourd’hui sous nos yeux, et les gens ordinaires en paient le prix », assure-t-il. Et c’est évidemment la population civile qui, la première, pâtit de cette guerre : « Les habitants au Yemen sont soumis aux privations, à la maladie et à la mort », explique le responsable de l’ONU, qui décrit un « effondrement social, économique et institutionnel complet » du pays. Stephen O’Brien craint notamment que la coalition militaire menée par les Saoudiens n’attaque le port d’Hodeida. Si c’était le cas, cela mettrait encore plus les Yéménites dans une situation encore plus invivable. Une situation catastrophique et pour laquelle une issue positive ne semble pas se dessiner. L’émissaire de l’ONU pour le Yemen, Ismail Ould Cheikh Ahmed, estime « que nous ne sommes pas proches d’un grand accord. » Face à la situation et devant les inquiétudes des ONG, le Conseil de sécurité de l’ONU doit aujourd’hui agir pour venir en aide à une population qui risque d’être décimée si rien n’est fait pour elle.