C’est une enquête qui, si elle aboutit, peut être historique : le prince hériter d’Abou Dhabi Mohammed Ben Zayed Al-Nahyane est en effet accusé de « complicité d’actes de torture ». Un juge d’instruction parisien a lancé une enquête contre celui que l’on surnomme MBZ pour son rôle joué au Yemen. L’enquête a débuté en octobre dernier mais n’a été révélée que le 17 juillet dernier. A l’époque, deux plaintes avaient été déposées, dont une avec constitution de partie civile, à l’occasion d’une visite officielle du prince héritier à Paris. La justice française peut ouvrir des procédure en vertu de sa « compétence universelle » pour les crimes les plus graves.

Sauf que MBZ bénéficie de l’immunité diplomatique. Le magistrat instructeur peut cependant la contourner et faire condamner le prince héritier. Mais ne doit-on pas s’attendre à une enquête remise dans les tiroirs pour des raisons politiques ? Du côté de l’avocat de plusieurs Yéménites, on se réjouit « de cette ouverture d’information » et on « fonde de grands espoirs sur la justice française ». Ces Yéménites ont, pour la plupart, été emprisonnés et même torturés. L’un d’eux raconte avec été placé dans un trou, pieds et poings liés, avant d’être électrocuté et brûlé.

Une autre plainte a été déposés. Cette fois, MBZ est accusé de « complicités d’actes de torture et disparition forcée ». Ce sont des Qataris qui ont enjoint le pôle crimes contre l’humanité et crimes de guerre du parquet de Paris. Des Qataris qui assurent avoir été « détenus et torturés par les agents de la sûreté de l’Etat des Emirats arabes Unis entre février 2013 et mai 2015 ». Mais le parquet a classé la plainte sans suite, se déclarant incompétent pour mener des investigations.