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Au Yémen, la France de plus en plus complice de la coalition

Alors que la situation humanitaire au Yémen empire, une députée européenne pose la question de la responsabilité de la France, qui vend des armes à l’Arabie Saoudite.

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Mercredi dernier au Yémen, des forces pro-gouvernementales, largement aidée par les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite, ont lancé une offensive sur le port de Hodeida. Il s’agissait, pour la coalition, de chasser les rebelles Houthis. Or, le port de Hodeida est un lieu stratégique. Cet assaut pourrait provoquer une crise humanitaire encore plus importante au Yémen. Le Conseil de sécurité des Nations Unies, sur demande du Royaume-Uni, s’est réuni en urgence, jeudi.

Une urgence toute relative : depuis mars 2015, le Yémen subit les bombardement de la coalition saoudienne. Le pays est le théâtre d’une guerre à distance entre le royaume wahhabite et l’Iran, qui soutient les Houthis. En trois ans, près de 6 000 civils ont péri et plus de 22,5 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire vitale, que ce soit de la nourriture, de l’eau, un logement ou des services sanitaires.

Le 3 juin dernier, dans un article publié par le Huffington Post, Patricia Lalonde, députée européenne, membre de la Commission des Affaires étrangères du Parlement européen, estime qu’« il est urgent d’arrêter cette guerre qui a fait plus de 10 000 morts, 50 000 blessés, 3 millions de déplacés internes. » Selon l’élue européenne, « les acteurs régionaux de ce conflit (Arabie Saoudite, Emirats arabes unis, Iran) et encore plus les acteurs internationaux (Etats-Unis, Europe, Russie, Chine) doivent encourager et respecter un processus de dialogue inter-yéménite. »

« Finalement, on est un peu complice, et on est complice de beaucoup de choses »

La France pourrait jours un rôle dans ce conflit. Problème : selon la députée européenne, la France est aujourd’hui dans le mauvais camp. « Il faut que la France, pour qu’elle arrive à trouver une solution, à pousser pour un accord, parle à l’autre camp, aux Houthis, aux Iraniens. On ne peut pas discuter qu’avec les Emirats et l’Arabie saoudite dans cette affaire », explique-t-elle.

Reste une question centrale : l’Etat iranien est-il vraiment actif ay Yémen ? Les Houthis « défendent leur pays » contre des agresseurs extérieurs, selon Téhéran, qui assure que les accusations des Américains et des Saoudiens à son encontre sont des « mensonges. » Le blocus saoudien empêche d’ailleurs toute exportation d’armes iraniennes vers le Yémen. Et si la représentante permanente des Etats-Unis à l’ONU Nikki Haley affirme être certaines que les armes utilisées par les Houthis sont de conception iranienne, elle n’a jamais réussi à dater la fabrication de celles-ci.

Aujourd’hui, plus que de savoir quel est le rôle exact de l’Iran, la France a une obligation : celle de ne pas être complice de massacres. Le président français a « appelé les parties prenantes à la retenue et à la protection des populations civiles. » Mais les relations entre MBS et Macron sont aujourd’hui au beau fixe. Et l’attaque du port de Hodeida embête l’Hexagone : en passant des contrats d’armements avec les Saoudiens, les Français se sont empêtrés dans une situation dont il sera difficile de s’extirper. « C’est évident que de vendre des armes à l’Arabie saoudite actuellement, c’est grave. (…) Finalement, on est un peu complice, et on est complice de beaucoup de choses », estime Patricia Lalonde.

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