Une cinquantaine d’ONG internationales ont salué « avec prudence » vendredi le cessez-le-feu annoncé par la coalition sous commandement saoudien au Yémen, alors que le Covid-19 commence aussi à sévir dans ce pays au « système de santé décimé » par la guerre.

« Nous saluons avec prudence l’annonce par le Royaume d’Arabie saoudite d’une cessation temporaire des hostilités au Yémen », ont déclaré les 59 organisations (Oxfam, CARE International, Médecins du Monde, Action contre la Faim…) dans un communiqué commun.

Les 59 ONG demandent « instamment à toutes les parties au conflit de cesser immédiatement les combats et d’appliquer sans délai un cessez-le-feu sur le terrain ».

Les rebelles Houthis, soutenus par l’Iran, ont rejeté jeudi le cessez-le-feu, qualifiant de « manoeuvre » cette initiative présentée comme visant à enrayer la propagation du nouveau coronavirus.

Les Etats-Unis et la France l’ont de leur côté saluée et ont appelé les rebelles à adhérer eux aussi à cette trêve.

Le Yémen a annoncé vendredi un premier cas de contamination au nouveau coronavirus, dans la province de Hadramout (sud) contrôlée par le gouvernement.

Les organisations humanitaires craignent des répercussions potentiellement catastrophiques si l’épidémie se propage dans ce pays pauvre ravagé par cinq ans de guerre entre les rebelles et les troupes gouvernementales appuyées par la coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite.

« Un cessez-le-feu ne peut à lui seul arrêter la propagation du Covid-19 au Yémen », ont souligné les 59 ONG en appelant toutes les parties au conflit à faciliter sans délai l’accès des organisations humanitaires aux populations.

« La communauté internationale doit (aussi) augmenter le financement de l’ensemble des programmes humanitaires au Yémen », ont-elles relevé.

La situation humanitaire est déjà catastrophique dans ce pays, notent-elles en rappelant que 80% de la population (soit 24 millions de personnes) a besoin d’une aide humanitaire, que les deux tiers du pays ne disposent pas d’un accès convenable à l’eau potable et à l’assainissement et que le choléra, la dengue et d’autres maladies y sévissent déjà.