La révélation de nouveaux documents secrets, sur la répression de la minorité ouïghoure, atteste de l’implication du président chinois, Xi Jinping dans les détentions massives. Sous couvert de « campagne de rééducation », l’État chinois mène un véritable « nettoyage ethnique ».

La récente fuite de centaines de documents secrets de l’État chinois a fait la lumière sur l’implication de membres de haut niveau, du Parti communiste chinois, dans la répression et la violation des droits des Ouïghours et d’autres minorités du Xinjiang. Parmi ces personnalités publiques, figure le chef de l’État, Xi Jinping. Ils ont été rendus publics à la fin du mois de novembre dernier, par Adrian Zenz, un anthropologue allemand travaillant pour un think tank américain pour les « victimes du communisme ».

Ces informations ont également été transmises au « Tribunal ouïghour », une organisation non gouvernementale basée au Royaume-Uni, enquêtant sur les crimes et exactions commises en Chine, notamment dans le Xinjiang. Certains de ces documents avaient été dévoilés en 2019, notamment par le New York Times.

Ces nouvelles pages apportent des précisions sur les révélations majeures faites il y a déjà deux années. Et il faut souligner que c’est la première fois que des documents classés top secret et émanant d’un chef d’État chinois sont publiquement diffusés.

Au cours de son expertise, Adrien Zenz a affirmé que «  le matériel apporte des preuves substantielles établissant un lien entre de nombreux aspects de la répression de Pékin au Xinjiang et des déclarations et des demandes faites par des membres du gouvernement central en 2014, incluant des internements de masse dans des camps de rééducation, la réduction de la pauvreté à travers des transferts de travail forcé, une ‘optimisation’ de la distribution de la population par ethnies en augmentant la part de la population Han, la criminalisation de pratiques religieuses habituelles, l’obligation faite à des centaines de milliers de fonctionnaires han de ‘devenir membre de la famille’ de la population ethnique, la mise en place de l’éducation en chinois dans les internats centralisés ».

Il est révélé que Xi Jinping a ordonné d’« arrêter ceux qui doivent être arrêtés et de condamner ceux qui doivent être condamnés » car l’extrémisme religieux est assimilé à « une drogue psychédélique puissante ». Cette minorité est considérée par l’État comme dangereuse. Les campagnes sont officiellement menées pour lutter contre le terrorisme islamique et pour la déradicalisation. Mais en réalité, il n’en est rien. La Chine écrase toute forme de contestation qui remettrait en cause la souveraineté de l’État. La population ouïghoure est alors visée, et considérée comme la source d’une volonté séparatiste. L’éradication de la culture ouïghoure est réalité, que le gouvernement chinois tente de dissimuler à travers les campagnes de « rééducation ».

Dans un rapport de Reporters sans frontières, l’association dénonce « une campagne de répression sans précédent menée par le régime chinois au cours des dernières années contre le journalisme et le droit à l’information dans le monde entier ». Le « black-out sur l’information » au Xinjiang, imposé par Pékin témoigne de la dégradation de la situation des droits de l’Homme dans le pays, et laisser penser à une escalade de la répression.