Plus de quarante personnes ont été condamnées à la prison à vie ou à la peine de mort pour blasphème au Pakistan, a avancé M. Pompeo en présentant le rapport du département d’Etat sur la liberté religieuse dans le monde en 2018.

« Nous continuons à appeler à leur libération et encourageons le gouvernement à nommer un émissaire » sur la liberté religieuse, a-t-il déclaré.

Asia Bibi, une ouvrière agricole, avait été condamnée à mort en 2010 après avoir été accusée par deux villageoises musulmanes d’avoir « insulté » le prophète Mahomet pendant une querelle autour d’un verre d’eau.

Son cas était devenu emblématique des dérives de la loi sur le blasphème au Pakistan, souvent instrumentalisée, selon ses détracteurs, pour régler des conflits personnels. Acquittée en 2018, elle s’est installée au Canada avec sa famille au mois de mai.

Mike Pompeo a également dénoncé avec fermeté l’Iran et la Chine pour la répression des minorités religieuses. Il a condamné Pékin pour la détention de plus d’un million de musulmans, en majorité des Ouïghours, et « la persécution intense » des bouddhistes tibétains, des chrétiens et des adeptes du mouvement Falungong, interdit depuis 20 ans.

Le rapport dénonce également les abus généralisés de l’Arabie saoudite, principal allié arabe de Washington que l’administration Trump hésite souvent à critiquer. Selon des ONG, le royaume saoudien, qui pratique un islam sunnite rigoriste, a emprisonné plus d’un millier de membres de la minorité chiite, la plupart pour des activités d’opposition non violentes.

Le royaume « continue à être l’un des pires acteurs dans la monde concernant la persécution religieuse », a dit Sam Brownback, l’ambassadeur chargé de la liberté religieuse, admettant être déçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane.

« Il y avait beaucoup d’espoirs, avec le changement de dirigeant, que les choses allaient s’ouvrir. Nous avons besoin de voir des actes qui vont dans la bonne direction », a-t-il expliqué, alors que le régime a organisé en avril l’exécution collective de 37 condamnés à mort, en majorité chiites.

Le pays suscite une « préoccupation spécifique », ce qui devrait normalement conduire Washington à prendre des mesures punitives. Mais Washington accorde chaque année une exemption à Ryad, invoquant des intérêts de sécurité nationale.