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Culture

« Wardi » : l’exil des Palestiniens racontée par une jeune héroïne

Le film d’animation Wardi sort aujourd’hui en salles. Le sort des réfugiés palestiniens au Liban y est raconté, à travers le récit fort et tendre d’une jeune fille du camp de Burj El Barajneh.

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Burj El Barajneh, au Liban. Ce camp de réfugiés, situé dans la capitale libanaise près de l’aéroport Rafic Hariri, est aujourd’hui le plus peuplé du pays avec plus de 18 000 habitants. Une majorité de familles palestiniennes y vivent, depuis la création d’Israël.

C’est le cadre qu’à choisi Mats Grorud, réalisateur norvégien, pour son film « Wardi », sorti le 27 février en France.

Celui-ci raconte l’histoire d’une jeune palestinienne de onze ans vivant avec sa famille et son arrière-grand-père, Sidi, qui est l’un des premiers à s’être installé dans le camp de Burj El Barajneh, après avoir été chassé de son village en 1948.

Mais lorsque le vieil homme malade, il lui confie la clé de son ancienne maison en Galilée. La jeune fille craint alors que son arrière-grand-père n’ai perdu tout espoir de retrouver sa terre natale…

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Wardi interrogera donc tous les membres de sa famille, pour retrouver des raisons d’y croire. Elle délivre ainsi sous son regard d’enfant, les épreuves et les difficultés vécues au quotidien par ces Palestiniens déracinés.

« Nous souhaitions faire un film sur le passage du temps : le passé, le présent et le futur. Montrer que des enfants sont nés dans ce camp, privés de droits, sous le statut de réfugiés. Ces personnes ont énormément souffert. Elles ont perdu des membres de leur famille ou les ont vus partir dans différents endroits du monde. Elles sont bloquées dans le camp, dans l’attente d’une solution politique. Elles se sentent oubliées. Elles sont réfugiées depuis 1948. La plupart ont encore les clés de leur maison et leur titre foncier », explique le réalisateur, Mats Grorud.

« Mais je tenais aussi absolument à dépeindre des personnes débordant d’humour, de chaleur et de bienveillance. Je voulais montrer leurs espoirs, qui contrastent avec tout ce qu’elles ont enduré. La vie de ces gens est très dure mais j’ai profité de beaucoup de leur qualité, de leur accueil et de l’inventivité qu’ils déploient pour survivre », souligne t-il.

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A la fin de ses études en animation, Mats Grorud a passé un an à travailler dans une école maternelle financée par une ONG dans le camp de Burj El Barajneh, à Beyrouth en 2001. C’est de là que lui ai venu l’idée de raconter la vie des réfugiés palestiniens.

« J’ai commencé à interroger mes amis dans les camps, les questionnant sur leur vie et leur parcours : d’où venaient-ils ? Quelles étaient leurs histoires ? Comment vivaient-ils aujourd’hui et quelle était leur vision de l’avenir ? À partir de ces entretiens, j’ai travaillé sur un documentaire à propos du camp intitulé Lost in time, lost in place, tout en continuant à chercher un moyen de raconter ces histoires. En 2010, j’ai rencontré mon producteur norvégien, Frode Søbstad, et une idée a commencé à prendre forme… », confie le réalisateur.

Mats Grorud choisi alors une jeune héroïne pour son histoire afin de « créer un lien entre la nouvelle et l’ancienne génération ». Une façon de rendre hommage aux personnes arrivées en 1948 et qui se font de plus en plus rares dans le camp.

Le réalisateur voulait aussi à travers Wardi, mettre en avant le courage des femmes. « J’estime que les femmes incarnent à la fois une force incroyable et un avenir que j’espère plus joyeux », a fait savoir Mats Grorud, interrogé par 20 Minutes.

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