Initialement prévu le 1er octobre, le procès de Guillaume M., 26 ans, avait été reporté à la suite d’une erreur dans l’ordonnance du juge d’instruction saisissant le tribunal correctionnel.

Ancien membre des Jeunesses nationalistes, ligue d’extrême droite dissoute en 2013, fasciné par le néo-nazi norvégien Anders Behring Breivik, qui avait tué 77 personnes en 2011, il comparaîtra détenu pour « entreprise terroriste individuelle », un délit peu fréquent.

Ce jeune homme sans emploi avait été interpellé le 28 juin 2017 dans sa rue d’Argenteuil (région parisienne).

Un internaute avec lequel il avait discuté sur le site jeuxvideo.com avait donné l’alerte via la plateforme de signalement des contenus illicites Pharos: « Je cherche une arme, semi-auto obligatoire », « je veux buter des gens », « faire le plus de dégâts possible », affirmait Guillaume M., selon une source proche du dossier.

A Argenteuil, la police avait trouvé sa maison vide. Apercevant les enquêteurs en rentrant chez lui, Guillaume M. était allé acheter des couteaux dans un supermarché, puis avait menacé les policiers au volant de sa voiture.

Pendant l’enquête, il s’était dit attaché à la préservation de la race blanche et décrit comme un peu « mégalo »: « Les deux seraient pas mal, la mort ou la célébrité ».

Il avait affirmé avoir envisagé « une tuerie de masse » à la kalachnikov, contre « plusieurs personnes de chaque minorité, musulmans, juifs, noirs, homosexuels, franc-maçons ». Il disait aussi avoir pensé à un « attentat contre Macron » au pistolet Glock, par exemple lors des cérémonies de la fête nationale du 14 juillet en France.

« Quitte à tomber, autant que ce soit pour tuer un politique et déstabiliser le système », affirmait en 2017 Guillaume M., qui avait tenté deux fois de se suicider par le passé.

Menace tangible ou élucubrations d’un esprit troublé ? « Le dossier est pourri, je n’ai pas d’arme, pas de contact, c’est seulement un fantasme », des ébauches de projets pour commettre un « suicide social », assurait-il alors.

La défense considère de son côté que les poursuites pour « entreprise terroriste individuelle » sont mal fondées. Elle déplore notamment qu’on accuse Guillaume M. d’un projet d’attentat à l’arme à feu alors que les éléments matériels retenus contre lui sont l’achat des couteaux et une vidéo dans laquelle il lance un cocktail molotov en 2015, pour laquelle il a en outre déjà été condamné.