Une femme voilée a été victime de discrimination de la part d'un médecin qui a déclaré que le voile était illégal en France. La justice a classé la plainte.

Une femme voilée a été prise à parti par une femme médecin parce qu’elle portait le voile. L’affaire a été classée par la justice. Le Conseil national de l’ordre des médecins semble, lui, ne pas vouloir prendre parti.

Dans une vidéo diffusée par BuzzFeed, un médecin généraliste indique qu’elle refuse les femmes voilées dans son cabinet. Suite à une mésentente concernant la prescription d’un médicament, le médecin explique qu’elle « n’aime pas les femmes voilées. » Lorsque la patiente, Fatima, sort un téléphone portable pour la filmer, le médecin — qui remplace un docteur en congés — ne se démonte pas : « Je vous en prie, surtout. Surtout portez plainte, au moins qu’on médiatise un peu la chose », explique-t-elle, assurant ensuite qu’elle « ne veut plus de femmes voilées en France. » Le problème selon la généraliste ? Le voile est « un signe ostentatoire religieux, c’est illégal. » Ce qui est, évidemment, faux. Lorsque la patiente demande si le fait qu’elle porte le voile explique pourquoi elle a bâclé la visite médicale de son enfant, le médecin répond : « Oui, c’est probable, sûrement. »

La justice classe l’affaire

BuzzFeed explique que l’affaire a été portée devant la justice, mais que la plainte a été classée. La justice explique qu’il n’existe aucun « obstacle juridique » qui permette de juger l’affaire. Fatima a donc porté l’incident devant le Conseil national de l’ordre des médecins de l’Isère. Pour sa défense, le médecin affirme que Fatima était « voilée de noir et porteuse d’une grande robe noire informe » et « extrêmement agressive. » Elle redit également que le port du voile « est illégal en France. » « Son comportement me faisait craindre qu’elle n’appartienne à une mouvance terroriste », argumente même le médecin. De son côté, le président du Conseil national de l’ordre des médecins de l’Isère affirme : « Nous n’avons pas retenu le caractère discriminatoire des propos. » La vidéo est désormais entre les mains des membres de la chambre disciplinaire régionale.

Yassine Bannani

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