Pour la ministre des Droits des femmes, « il y a un lien entre les vêtements des femmes et les droits des femmes. » Elle estime que la modernité va de pair avec un raccourcissement des jupes des femmes.

Le « RossignolGate » continue : la ministre des Droits des femmes n’en démord pas, elle estime toujours que le voile est contraire à la modernité. Mais en imposant son point de vue, elle veut priver une partie de la population de la liberté dont elle jouit.

Les créateurs de mode « pudique » se mettent « en retrait de leur responsabilité sociale. » C’est le message délivré avant-hier par la ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, Laurence Rossignol. Invitée à donner son avis sur la résurgence de la mode islamique lancée par des marques comme H&M ou Dolce & Gabbana, la ministre a mis dos à dos celle-ci et la modernité. Et ses interventions, au lendemain de la polémique, sont toutes allées dans ce sens. En substance, Laurence Rossignol a indiqué que le progrès s’accompagnait toujours d’un raccourcissement des jupes. « Après la guerre de 14-18, quand les femmes ont pris une place plus grande parce que les hommes étaient au front, la mode, dans les années folles, a raccourci. On a vu les chevilles des femmes qu’on ne voyait pas avant, elles ont posé les corsets. Quand les femmes ont conquis le droit à la contraception ou celui tout simplement d’avoir un compte en banque, les jupes ont raccourci », a-t-elle expliqué.

Derrière le voile, la liberté

Le réquisitoire de Laurence Rossignol, la ministre prend des allures de lutte féministe étonnante : alors qu’elle lutte pour le droit des femmes à disposer de leur corps — on le voit également dans sa volonté d’interdire la prostitution en France —, la ministre estime « qu’il y a un lien entre les vêtements des femmes et les droits des femmes. » Laurence Rossignal estime que « ces marques, lorsqu’elles parlent de ces collections, comment elles les appellent ? Elles les appellent ‘les collections pudiques’. Donc ça c’est la pudeur. Ça veut dire que sur une plage, quand vous avez quelques femmes qui sont habillées ainsi, et puis toutes les autres, de 7 à 77 ans, qui sont en maillot une pièce, en maillot deux pièces, voire même en monokini, elles sont quoi ? Elles sont les impudiques de la plage ? »

Faïza Zerouala a écrit « Des Voix derrière le voile », un recueil de témoignages de femmes voilées, en 2015. Au fil des rencontres avec des femmes portant le foulard, la journaliste a découvert des femmes qui voulaient simplement « vivre leur foi et être libres. » Pour la journaliste, « leur choix est d’abord perçu par une partie de la société comme un enfermement, là où elles ont précisément le sentiment d’exercer leur liberté. » « Ecouter les silencieuses », voilà ce qu’a voulu faire Faïza Zerouala. Sauf qu’avant-hier, une ministre a décrété qu’une femme voilée ou en jupe longue, c’était contraire à la modernité. Comme si aujourd’hui, il fallait finalement mettre dos à dos les avancées sociales et la liberté. Est-ce le message que veut envoyer la France laïque ?

Yassine Bannani

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