La cour constitutionnelle de Karlsruhe a autorisé le port du voile en Allemagne pour les enseignantes de confession musulmane à l'école.

Alors que l’Allemagne s’interroge sur la place à réserver à l’Islam, la cour constitutionnelle de Karlsruhe a rendu un jugement très attendu. Ce dernier stipule que le port du voile par les enseignantes ne peut être interdit qu’en cas «de danger concret». Ainsi, les juges ont rendu légal le port du voile en Allemagne pour les enseignantes à l’école. Cette nouvelle loi vient garantir aux musulmans la liberté de croyance, face à des mouvements islamophobes, qui ne cessent d’enflammer le débat. 

Le voile en Allemagne : une question de liberté de religion

Deux enseignantes allemandes de confession musulmane installées en Rhénanie du Nord Westphalie sont à l’origine de cette loi. En effet, après avoir accepté de ne plus porter le voile à l’école, la première l’a remplacé par un col roulé et un bonnet. La direction de l’établissement lui a adressé un avertissement. La deuxième a refusé de retirer son voile et a été renvoyée. Pourtant, le port de signes religieux chrétiens est autorisé en Rhénanie du Nord Westphalie. Ainsi, la cour constitutionnelle a estimé que « l’interdiction générale des manifestations religieuses dans l’apparence extérieure des enseignants et enseignantes dans les écoles publiques n’est pas compatible avec la liberté de croyance ».

En plein débat sur l’Islam

Le jugement rendu par la cour de Karlsruhe a été salué par différentes associations musulmanes. La secrétaire générale du Conseil central du culte musulman (ZMD), Nurhan Soykan, a déclaré que «même s’il ne s’agit pas d’une autorisation générale (du voile), c’est très réjouissant». Le débat sur l’Islam enfle en Allemagne, surtout après l’apparition du mouvement islamophobe Pegida, en octobre 2014. Dans la même vague, une partie de l’Union chrétienne-démocrate plaide en faveur d’une loi qui interdit le port du voile intégral ou le niqab. Mais l’Allemagne a rejeté en bloc cette proposition de loi.

Source (ici)

Yassine Bannani

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