Il existe en France une douzaine d’organismes certificateurs. 3 d’entre eux ont été mis en place suite à l’impulsion du gouvernement. Le reste sont des organismes lancés à l’initiative de musulmans privés. Bien qu’ils soient tous légitimes pour définir ce qui est halal de ce qui ne l’est pas, ces organismes certificateurs ne sont pourtant pas tous identiques.

Le marché de la nourriture halal en France attire chaque année la convoitise des industriels. Avec un marché estimé entre 5,5 et 7 milliards d’euros, on comprend facilement pourquoi. Pourtant, n’est pas halal qui veut, et les organismes certificateurs ont un rôle important à jouer pour éviter les abus et les fraudes.

Il existe en France une douzaine d’organismes certificateurs. Trois d’entre eux ont été mis en place suite à l’impulsion du gouvernement. Le reste sont des organismes lancés à l’initiative de musulmans privés. Bien qu’ils soient tous légitimes pour définir ce qui est halal de ce qui ne l’est pas, ces organismes certificateurs ne sont pourtant pas tous identiques.

Viande halal : des divergences dans la définition du halal

Tous les organismes certificateurs s’accordent à dire que le viande halal doit être obtenue suite à une procédure d’abattage stricte : la bête, tournée vers la Mecque, doit être égorgée et vidée de son sang, tandis que la prière rituelle doit être prononcée.

La divergence se pose sur la manière dont la bête est présentée au sacrificateur. En effet, dans les abattoirs traditionnels, la bête est assommée par électronarcose avant d’être saignée. Du point de vue de certains certificateurs, ceci vient à l’encontre des préceptes religieux qui imposent que la bête soit consciente lors de l’abattage rituel.

L’autre divergence entre certificateurs vient du fait de la présence ou non de contrôle sur la chaine de production de la viande. Certains en font un impératif, d’autres pas.

L’abattage mécanisé des volailles est également un point de discorde entre les différents certificateurs.

Le dernier point qui fait débat entre certificateurs est la viande séparée mécaniquement (VSM). Cette « viande » est un amalgame de viande et de cartilage résultant des carcasses. Elle est utilisée dans la production de charcuterie halal.

Vers quel certificateur se tourner ?

SFCVH et ACMIF sont les labels respectifs de la mosquée de Paris et celle d’Evry-Courcouronnes. Ils autorisent l’assommage avant et après abattage ainsi que la VSM. Aucun contrôle sur place n’est obligatoire. Le label ARGML est celui émanant de la mosquée de Lyon : elle autorise également l’électronarcose mais impose un contrôle sur place. Parmi ces labels « permissifs », on peut citer également Muslim Conseil International, Halal Correct, Halal Service ou l’AFCAI.

A contrario, les labels Achahada, European Halal Service et Arrissala sont plus rigoristes. Ils imposent un contrôle sur place et interdisent l’assommage et la VSM.

Concernant l’abattage mécanisé de la volaille, les labels Achahada, Altakwa, Arrissala ou encore Muslim Conseil International et Halal Service sont opposé à cette pratique. Le label de la mosquée de Lyon, AGRML, est également opposé à toute forme d’abattage mécanisé. A contrario, les labels ACMIF, AFCAI, SFCVH ou Halal Reunion sont favorables à l’abattage mécanisé.

Entre les deux types de labels se situe « A Votre Service », qui impose un contrôle sur place grâce à une centaine de salariés certificateurs présents sur site. Ce label interdit l’assommage et l’abattage mécanisé mais permet la VSM.

Source : ici

Pierre Z. Lajarge

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