« Nous avons été alertés hier par les réseaux sociaux sur le fait qu’un groupe privé Messenger (la messagerie de Facebook, NDLR) d’étudiants en sociologie à Metz était apparemment un déversoir de propos et de vidéos racistes se moquant des étudiants et d’enseignants noirs », a expliqué samedi à l’AFP, le directeur de la communication de l’université de Lorraine, David Diné.

« Tolérance zéro face à ces comportements inacceptables sur nos campus comme ailleurs », a réagi dans un tweet la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal. « Toute ma confiance à l’@Univ_Lorraine, qui je le sais réagira rapidement et avec une grande exemplarité pour faire sanctionner les auteurs », a-t-elle ajouté.

Ceux-ci « ont insulté toute une communauté, c’est vraiment dégueulasse », s’est indigné auprès de l’AFP Diop, un étudiant sénégalais en sociologie sur le campus messin, disant ressentir « de la peine ».

« Je n’ai jamais vécu ça avant, je disais même que je m’en (fichais) mais j’étais ignorant, je ne savais pas que ça faisait si mal », a confié le jeune homme de 21 ans.

Même si « deux ou trois étudiants » seulement feraient partie du groupe incriminé, l’université va très prochainement « diligenter une enquête interne administrative » en vue d’une éventuelle plainte, considérant la situation « assez grave pour interroger la communauté universitaire », a annoncé M. Diné.

L’affaire a été révélée « à l’occasion d’une sortie, quand une jeune fille a pris des captures d’écran des conversations de ce groupe et les a postées sur les réseaux sociaux », a-t-il précisé.

Selon Diop, qui suit les mêmes cours que le groupe mis en cause, les messages racistes auraient visé « une dizaine » d’étudiants noirs, dont lui-même.

Le syndicat étudiant Unef Lorraine a appelé dans un communiqué « la communauté universitaire (à) apporter des réponses fermes face à de tels actes » qu’il « condamne et dénonce fermement ».