L’histoire d’une sœur catholique a marqué les esprits à Vesoul. Âgée de 70 ans, après avoir été religieuse dans un couvent dans la Drôme, elle a décidé de revenir sur sa terre natale pour prendre sa retraite.

En octobre 2018, elle fait appel au Centre Communal d’Action Sociale de Vesoul, qui gère une résidence pour personnes âgées.

Sur la liste d’attente des demandeurs, la religieuse finit après plusieurs mois par voir la commission d’attribution accepter sa demande de logement.

Mais dans le courrier reçu de la CCAS, il est question de laïcité. « Au sein de nos structures, nos résidents peuvent avoir des préférences et convictions et celles-ci doivent être respectées », peut-on lire dans la lettre. Rien d’anormal.

Et le courrier de poursuivre : « Dans le respect de la laïcité, tout signe ostentatoire d’appartenance à une communauté religieuse ne peut être acceptée en vue d’assurer la sérénité de toutes et de tous ».

La religieuse peut donc être acceptée, à condition de ne pas avoir d’habit religieux ni voile. La sœur refuse et se retrouve alors à devoir faire ses courses, à gérer son appartement.

« On nous rabâche les oreilles avec des principes de laïcité qui ne sont pas compris », estime le curé de Vesoul qui compare le cas de la religieuse avec celle de la femme voilée humiliée par un élu RN : « Tout le monde crie au scandale pour cette femme, mais notre religieuse a dû se résoudre à trouver un autre appartement », indique le prêtre qui « ne pense pas que le voile d’une religieuse puisse nuire, car ne n’est pas le signe d’une soumission, mais d’une consécration ».

Le président du CCAS de Vesoul, lui, évoque le règlement intérieur.