La fermeture des mosquées et les nombreuses dissolutions d’associations ont fait de l’islam, la cible privilégiée des politiques mises en œuvre. Mais à l’heure où le président Emmanuel Macron vante les effets de la loi contre le séparatisme, les discours haineux à l’encontre des musulmans se multiplient.  

C’est sans surprise que le chef de l’État Emmanuel Macron, au cours de son interview-entretien, a défendu les effets de sa loi contre le séparatisme. Adoptée contre les dérives de l’islam, et pour promouvoir la laïcité, elle est devenue un outil juridique indispensable, érigé comme argument d’autorité dans cette vendetta contre les musulmans de France.

« Il y a des millions de Français qui sont des citoyens tranquilles, qui respectent les lois de la République et qui croient en l’islam et il faut les respecter. C’est ça la laïcité » a plaidé le président. Pourtant, sur les réseaux sociaux, une vague de haine touche les musulmans, très souvent assimilés aux terroristes et djihadistes. Des milliers de messages critiquant la communauté musulmane se propagent, laissant place aux amalgames et aux discours haineux.

La stratégie du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, de mener une lutte active contre toutes les dérives de l’islam, a cultivé cette haine, et la discrimination des musulmans français. Pis encore, « ce combat » a pris racine dans les institutions républicaines, donnant lieu à une punition collective de la communauté musulmane. D’ailleurs le journal « Oise Hebdo » avait insisté sur « le sentiment de punir la communauté pour les actes d’une personne, persiste » aujourd’hui encore.

Il est inadmissible en France qu’un musulman place l’Islam avant les valeurs et les lois de la République. Alors que dans le même temps, le locataire de la Place Beauvau offre la Légion d’honneur à un évêque, qui au nom du secret de la confession, refuse de dénoncer les personnes coupables de crimes comme la pédophilie. Ce même représentant de l’Église avait d’ailleurs affirmé « Le secret de la confession s’impose à nous et en cela, il est plus fort que les lois de la République ». Mais cela ne l’a pas empêché d’être décoré par la prestigieuse distinction de la République. Cette même république qui punit les musulmans français, pour leurs choix théologiques.

Il apparaît clairement que l’Islam est une véritable source de tensions et de crispations en France, à l’origine de la discrimination et de la marginalisation de la communauté musulmane. Mais comment un État de droit, peut aujourd’hui encore, fonder sa légitimité sur l’exclusion de cette communauté, au nom de la laïcité ? Si l’extrême droite affiche ouvertement sa position hostile aux musulmans, tous les politiques ont intégré « le problème musulman » à leur agenda, à l’approche de la présidentielle.

L’incitation à la haine n’est plus seulement le fruit de politicards d’extrême droite ou de franchouillards islamophobes et xénophobes. Non, elle découle des politiques instaurées par le gouvernement. Les traitements infligés, justifiés par la loi, vont à l’encontre des engagements de la France, notamment la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Le pays des droits de l’Homme serait-il en perdition ?