Ce dimanche, la société civile française se mobilise contre le projet de loi sur le « séparatisme » qui, selon un collectif opposé à ce texte, stigmatise les musulmans.

La Coordination contre la loi séparatisme, qui s’est créée spécialement pour l’occasion, demande le retrait de ce projet de loi « confortant le respect des principes républicains ». Un texte « dont le nom ne réussit pas à cacher l’islamophobie d’Etat », indique à l’agence de presse AA un membre fondateur du mouvement.

Mardi, le texte doit être voté à l’Assemblée nationale. Puis il passera au Sénat. En attendant, les responsables politiques, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin en tête, écument les plateaux de télévision pour tenter de montrer que la République serait en danger.

La Coordination contre la loi séparatisme déplore les « perquisitions arbitraires », des dissolutions d’associations ou encore des arrestations arbitraires de la part d’un gouvernement qui a, explique-t-elle, franchi un nouveau cap dans le « racisme d’Etat à l’encontre des musulmans de France ».

En effet, l’article 44 du projet de loi prévoit, entre autres, la fermeture pour deux mois des lieux de culte qui encouragent à la haine et à la violence. Le député communiste Stéphane Peu estime qu’il s’agit d’une « punition collective », dont le but est de « mettre à l’index une communauté » tout entière. Et l’élu de rappeler que, « quand on a un curé pédophile, on ne ferme pas l’église ».

Le collectif, de son côté, dénonce une « ingérence de l’Etat dans l’organisation du culte musulman en France ». Interdiction des certificats de virginité, de la polygamie ou encore des mariages forcés… Le texte prévoit une batterie de mesures qui, pour certaines, existaient déjà dans les lois actuelles.

La manifestation de ce dimanche veut dire stop à la « dérive identitaire et liberticide » qui « provoque partout davantage de peur, de suspicion, de violences et de détresse ». A quelques jours d’un vote crucial, les musulmans se sentent cloués au pilori.

Des ONG et des personnalités appellent tous les citoyens « à rejoindre la mobilisation ». « Il est absolument nécessaire que chacun fasse entendre sa voix et porte haut et fort la protestation contre cette stigmatisation inacceptable des musulmans », prévient Feïza Ben Mohamed.