Ce dimanche, à l’appel de plusieurs organisation et de la société civile, un rassemblement aura lieu à Paris pour dénoncer la loi « séparatisme » et les autres lois islamophobes.

L’objectif est d’« alerter l’opinion nationale et internationale contre la loi « séparatisme » et les pratiques islamophobes qu’il va venir renforcer ». Et le lieu est symbolique : rendez-vous est donné à 14 heures, place de la République à Paris. Un rassemblement à l’appel de « plusieurs organisations des droits humains », expliquent les organisateurs. La coordination à l’origine de cette manifestation explique qu’elle « s’oppose au projet de loi ‘confortant le respect des principes de la République’ », son nouveau nom.

Mais l’esprit du texte de loi, lui, reste le même : « Travail, éducation, vie associative, organisation et pratique du culte. Cette loi va restreindre la capacité d’agir des personnes musulmanes dans tous les aspects de leur vie sociale », continue la coordination.

Et cette date est symbolique puisque le lendemain, le 15 mars, marquera le deuxième anniversaire d’un acte terrible. Ce jour de 2019, « un suprémaciste membre bienfaiteur de Générations identitaire, inspiré de thèses islamophobes françaises comme celle du ‘grand remplacement’, a assassiné 51 musulmans à Christchurch en Nouvelle-Zélande », poursuivent les organisateurs. Depuis ce massacre, le 15 mars est devenu la Journée mondiale contre l’islamophobie.

L’occasion est donc idéale de rappeler que « l’extension du domaine de la neutralité religieuse que la loi prévoit va accroitre le chômage et la précarité, détruire des pans entiers du secteur associatif et vider de sa substance le principe même de liberté associative ». Dans la ligne de mire des organisateurs, « l’élargissement des motifs de dissolution des associations » qui va « accroitre l’arbitraire du pouvoir ».

Les associations antiracistes craignent d’ailleurs que le nouveau délit qui doit permettre de « lutter contre la haine en ligne » va entraver leurs activités, « tandis que les populations musulmanes pourront impunément faire l’objet d’une couverture médiatique injurieuse ». Un deux poids-deux mesures qui choque tout autant que le renforcement du contrôle des associations cultuelles et des lieux de culte.

Après avoir défilé devant le Trocadéro, puis une autre fois devant le Sénat, les manifestants espère alerter l’opinion internationale sur la place de la République ce dimanche. « Nous avons reçu le soutien d’organisations et de personnalités de la société civile, mais aussi de professeurs d’université et de journalistes internationaux, notamment britanniques », nous explique l’un des organisateurs.