Dans un message posté sur Twitter, M. Sentop a estimé que les annonces faites par M. Macron mardi au cours d’un déplacement à Mulhouse sur « la lutte contre le séparatisme islamiste » était « le signe d’une islamophobie primitive ».

M. Macron a affirmé à cette occasion que « l’islam politique n’a pas sa place » en France et, citant nommément la Turquie, il a assuré qu’il ne laisserait « aucun pays nourrir sur le sol de la République un séparatisme qu’il soit religieux, politique ou identitaire ».

Notant la présence de nombreux habitants d’origine turque à Mulhouse, il a souligné qu’ils étaient « pleinement Français » et qu’ils devaient avoir « les mêmes droits que tous les Français » mais aussi qu’ils devaient être « soumis aux mêmes lois que tous les Français ». « Mais on ne peut pas avoir les lois de la Turquie sur le sol de France », avait-il martelé.

M. Macron a en outre annoncé que le dispositif de cours facultatifs en langues étrangères dispensés par des enseignants désignés par les gouvernements d’autres pays, dont la Turquie, serait supprimé à la rentrée scolaire.

« La France devrait faire face à son passé raciste et plein de massacres, au lieu d’inventer un ennemi imaginaire comme le séparatisme islamiste », a ajouté M. Sentop.

Il a aussi accusé la France de « perturber la paix au Sahel et en Libye » en livrant selon lui des armes à l’homme fort de l’Est libyen Khalifa Haftar et d' »engendrer du chaos dans le monde musulman ».

Les relations diplomatiques entre Paris et Ankara se sont tendues ces derniers mois, en particulier sur les dossiers des conflits en Syrie et en Libye, ou des ambitions turques autour des gisements d’hydrocarbures en Méditerranée orientale.