Un comité du Parlement israélien va examiner la demande d’immunité de Benjamin Netanyahu, à l’issue d’une décision parlementaire prise lundi et comme réclamé par les rivaux du Premier ministre, inculpé pour corruption dans trois affaires et en lice pour les législatives de mars.

Le conseiller juridique du Parlement Eyal Yinon a appuyé dimanche la demande de l’opposition.

Le principal rival du Premier ministre, Benny Gantz, a alors demandé la mise sur pied d’un comité composé de parlementaires de tous bords, le comité des arrangements, le seul à pouvoir convoquer un autre comité qui aurait pour mission d’évaluer la demande d’immunité.

Ce comité des arrangements a voté lundi à l’issue d’un débat agité, et à 16 voix contre une, celle d’un député du Likoud de Netanyahu, pour la mise en place de ce second comité.

Il n’est pas clair dans l’immédiat à quelle date il se réunira.

Si ce comité ne recommande pas l’immunité, la demande de Netanyahu sera alors rejetée. Mais s’il ne s’y oppose pas, les députés pourront être réunis pour se prononcer sur la demande.

L’éventuel rejet de la demande d’immunité pourrait accélérer les procédures en cours contre Netanyahu, inculpé pour « corruption », « malversation » et « abus de confiance » dans trois affaires, avec le risque d’un procès débutant au plus fort d’une campagne électorale.

Ne disposant actuellement pas d’une majorité de soutiens, Netanyahu espérait attendre les résultats des élections dans l’espoir d’y rallier suffisamment d’appuis pour obtenir l’immunité.

La loi israélienne prévoit que tout ministre poursuivi pénalement doit démissionner, mais cela ne s’applique pas au Premier ministre. S’il peut rester en fonction, Benjamin Netanyahu ne jouit toutefois d’aucune immunité face à la justice, d’où le fait qu’il souhaite la demander au Parlement.

Le président du Parlement Yuli Edelstein, un proche de M. Netanyahu, avait estimé dimanche que « convoquer le comité en ce moment serait une grave erreur », car il risque de se transformer en « jungle » à quelques semaines des élections.

M. Netanyahu rejette en bloc les accusations dont il fait l’objet, dénonçant un « coup d’Etat » juridique pour mettre fin à son règne, le plus pérenne de l’histoire d’Israël avec près de 14 ans au pouvoir, dont la dernière décennie sans discontinuer.