Ces organisations, dont Human Rights Watch ou encore Médecins du monde, ont écrit une lettre ouverte au Premier ministre français, Édouard Philippe, pour l’interpeller sur cette escale.

Ce n’est pas la première fois que le Bahri Yanbu vient en France, et les ONG ont déjà accusé par le passé ce navire de convoyer des armes pour l’Arabie saoudite ou les Emirats arabes unis, qui mènent une guerre contre des rebelles au Yémen, frappé par une grave crise humanitaire.

« Conformément au Traité sur le commerce des armes qu’elle a ratifié, la France est tenue d’interdire les exportations d’armements dès lors qu’il existe un risque manifeste que ces derniers servent à commettre des crimes de guerre et autres violations graves du droit international humanitaire », selon le communiqué des ONG.

Les signataires estiment que la France risque de se rendre complice dans le conflit au Yémen si les armes vendues à l’Arabie saoudite sont utilisés illégalement contre des populations civiles yéménites.

Face à ces critiques récurrentes, Paris répète invariablement exercer un contrôle des exportations des matériels de guerre « strict, transparent et responsable », reposant sur un « examen poussé » via la commission interministérielle pour l’étude des exportations de matériels de guerre (CIEMGG), rattachée aux services du Premier ministre.

En 2018, les exportations d’armement français ont bondi de 30% à 9,1 milliards d’euros, avec pour principaux clients le Qatar, la Belgique et l’Arabie saoudite.

La guerre au Yémen a tué, d’après diverses organisations humanitaires, des dizaines de milliers de personnes, essentiellement des civils, depuis 2015.

Environ 3,3 millions de personnes sont toujours déplacées et 24,1 millions, soit plus des deux tiers de la population, ont besoin d’assistance, selon l’ONU.