Un jeune militant d’extrême-droite, surnommé « Simon », a été arrêté alors qu’il planifiait un attentat contre son ancien lycée et une mosquée. Banalisée par les médias, l’affaire à provoqué un séisme sur la toile.

Simon, âgé de 19 ans, est décrit comme « partisan extrémiste de la vision politique de Hitler », ou comme « combattant blanc et nationaliste », ou encore comme « un jeune identitaire » par la presse française. Simon est décrit dans les médias comme un extrémiste, mais jamais comme un potentiel terroriste.

Pourtant, Simon est mis en examen pour « association de malfaiteurs terroriste et criminelle ». Car, quelques jours avant sa comparution, le 1er octobre, il avait été arrêté, alors qu’il planifiait un attentat terroriste meurtrier contre son ancien Lycée au Havre, ainsi qu’une mosquée. Cerise sur le gâteau, Simon est un adorateur inconditionnel d’Adolf Hitler, et attendait le prochain anniversaire de ce dernier, le 20 avril 2022, pour commettre son attentat.

Pire encore, un compagnon de Simon, que ce dernier qualifiait comme étant son « frère d’armes », Nicolas, comptait commettre un attentat le même jour. Nicolas a été placé sous surveillance avant d’être relâché.

Un deux poids-deux mesures dans le traitement du terrorisme d’extrême-droite et du terrorisme jihadiste en France ? En effet, si les accusés de « radicalisme islamiste » se retrouvent souvent devant la cour d’assises, les Nicolas et les Simon finissent devant le tribunal correctionnel. Et, dans les médias, certains font le jeu de Zemmour, d’autres sont farouchement défendus. En l’occurrence, les médias français ont trouvé son lot d’excuses à Simon. Le Point, par exemple, parle de sa proximité avec une « terroriste islamiste » dénommée Leila. D’autres médias rappellent les abus sexuels qu’a subis Simon dans le passé : apparemment un prétexte légitime pour tuer des innocents.

Une peur de la violence d’extrême-droite qui s’installe

Si rien n’a été révélé quant à la manière dont Simon allait accomplir ses desseins, le jeune homme a affirmé avoir « soif de sang ». Il voulait notamment marquer un bilan plus sanglant que l’attentat de Columbine, qui avait fait 15 morts et 24 blessés aux Etats-Unis en 1999.

Ce peu de détails a semé la panique dans le lycée Robert-Schuman au Havre, où Simon avait étudié et qu’il comptait attaquer. Il aurait établi une liste de 30 personnes à exécuter, ce qui n’est pas sans rappeler la tendance récente chez la fachosphère française à dresser des listes.

Depuis l’arrestation de Simon, beaucoup d’associations ont manifesté leur inquiétude face à la montée de la violence d’extrême-droite. Mais surtout face à son encouragement par les médias, où les représentants du « fondamentalisme républicain », plus simplement les plus racistes et islamophobes, les plus vendeurs, sont beaucoup plus présents que leurs antagonistes. S’ajoute à cela la multiplication des milices fascistes, et le manque d’action de l’Etat pour dénoncer cette tendance.

Albert Camus avait dit : « Faites attention, quand une démocratie est malade, le fascisme vient à son chevet, mais ce n’est pas pour prendre de ses nouvelles ». Des mots prophétiques, car l’hégémonie du néonazisme en France est en grande partie le produit des médias de droite – BFM TV, RMC, Le Figaro, France Info – et de leurs figures.