Lors d’une conférence de presse qui devait initialement annoncer la composition de l’exécutif en négociations depuis plus d’un mois et demi, M. Jemli a simplement indiqué qu’il compterait 40% de femmes et plus d’une moitié de « jeunes », sans en détailler la liste.

Il avait auparavant remis au président Kais Saied la liste des ministres, qui doivent encore obtenir l’approbation de la majorité absolue au Parlement.

Cette liste doit être rendue publique probablement jeudi, a-t-il indiqué, sans plus de précision.

« Cette liste n’est pas définitive », a néanmoins indiqué la présidence à l’AFP mercredi soir, annonçant la poursuite des négociations.

« Nous allons constituer un gouvernement d’indépendants. Il faut qu’il y ait unanimité sur leur indépendance et leurs compétences pour qu’on puisse le présenter au Parlement », avait auparavant déclaré M. Jemli à la presse.

Ennahdha, bien qu’arrivé en tête des législatives du 6 octobre, doit composer avec une Assemblée profondément morcelée et divisée, n’ayant que 52 sièges sur 217, répartis entre une myriade de partis antagonistes.

Après de très larges consultations, M. Jemli avait annoncé la semaine passée avoir échoué à rassembler suffisamment de partis pour constituer une coalition gouvernementale.

Il a indiqué que son gouvernement ne serait donc pas partisan, et comprendrait des « personnalités nationales indépendantes caractérisées par leur compétence et leur honnêteté ».

Ingénieur agricole de formation, M. Jemli, 60 ans, est lui-même un ancien secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Agriculture de 2011 à 2014, dans les deux gouvernements de Hamadi Jebali et Ali Larayedh, deux membres d’Ennahdha.

M. Jemli devrait succéder à Youssef Chahed, désigné en août 2016, ce qui en fait le chef de gouvernement resté le plus longtemps en place depuis la fin du régime de Zine el Abidine Ben Ali, chassé par la rue il y a neuf ans.

M. Jemli a jusqu’au 14 janvier, selon la Constitution, pour soumettre au Parlement la liste de son gouvernement.