L’association requérante Action sécurité éthique républicaine (Aser) demandait « l’annulation des autorisations douanières de sortie et de transit de matériel de guerre (…) du cargo saoudien ‘Bahri Yanbu' », qui a fait escale jeudi à Cherbourg et « à destination de l’Arabie Saoudite », selon le jugement du TA.

Estimant, selon un communiqué de presse, que le transit de ce bateau constituait une « violation manifeste des engagements internationaux de la France », l’Aser réclamait, selon le jugement, que cessent « les atteintes graves et manifestement illégales portées au droit de la vie des populations yéménites ».

Mais l’association requérante « n’apporte aucun élément suffisamment précis et circonstancié » et ne démontre pas, selon la juge « la situation d’urgence imminente ».

Le cargo était arrivé vers 16H00 GMT jeudi à Cherbourg avant de repartir vers 21H30 GMT, avaient constaté des correspondants de l’AFP sur place. Selon des associations qui dénonçaient cette escale, le « Bahri Yanbu » avait entre temps effectué son chargement.

« L’Arabie Saoudite livre une guerre sans merci au peuple yéménite, perpétrant des atrocités sans nom contre un peuple sans défense. Nous ne pouvons accepter que le port de Cherbourg puisse servir ce conflit, au nom des intérêts particuliers des marchands d’armes et de leurs clients », avaient dénoncé 19 organisations dans un communiqué.

« La France fait partie des cinq premiers pays ‘vendeurs d’armes' », selon ce communiqué signé notamment par le Parti socialiste, le parti de gauche radicale La France insoumise ou le mouvement écologiste EELV.

Selon diverses organisations humanitaires, la guerre au Yémen a fait des dizaines de milliers de morts, essentiellement des civils.

Le Yémen est ravagé par un conflit depuis plus de cinq ans qui a provoqué la pire crise humanitaire au monde, selon l’ONU. Il oppose les Houthis, soutenus par l’Iran, aux forces du gouvernement appuyées par une coalition militaire menée par l’Arabie saoudite.