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Société

Taha Bouhafs face au « terrorisme de la pensée » de la Licra

Attaqué par la Licra qui l’accuse d’antisémitisme, le militant antiraciste Taha Bouhafs dénonce l’attitude de l’association et envisage une procédure judiciaire.

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Il est autant amusé qu’atterré. Surpris, surtout. Depuis plusieurs jours, Taha Bouhafs est la cible d’une campagne orchestrée par la Licra. En cause, un tweet suite à l’altercation entre Gilets jaunes et Alain Finkielkraut. Benoît Hamon, candidat plus que malheureux à la dernière présidentielle, écrit qu’il « condamne sans aucune réserve ceux qui ont conspué (le philosophe), insulté et traité d’un ‘sale sioniste’ qui voulait dire ‘sale juif’. » Taha Bouhafs réplique aussitôt : « Sale sioniste veut dire sale juif ? Sacré Benoit, c’est bientôt le dîner du CRIF, et t’as pas envie d’être privé de petits fours, je comprends. »


Les membres Printemps républicain dans un premier temps, la Licra dans un second, tombent alors sur le jeune militant de la France insoumise. Le point commun ? Stéphane Nivet, directeur de la communication de la Licra, et également membre actif du Printemps républicain, qui lui a un temps proposé d’aller se loger chez « Jawad » lorsque Taha cherchait un studio. Aujourd’hui, la Licra reproche à Taha Bouhafs d’avoir fait un jeu de mots douteux sur les « petits fours. » L’association le compare alors, sans sourciller, à Jean-Marie Le Pen. Et le jette en pâture en prenant la peine de le bloquer sur Twitter — la spécialité du Printemps républicain. Plus de 12 000 tweets sont alors publiés sur le réseau social.

« Je voulais dénoncer le fait qu’un politique se rende à un dîner pour aller chercher sa croquette auprès du CRIF »

« Oui, mon tweet était un peu provoc, admet Taha Bouhafs. Je voulais dénoncer le fait qu’un politique se rende à un dîner pour aller chercher sa croquette auprès du CRIF, qui est un groupe d’influence comme n’importe quel autre groupe d’influence. » Mais très vite, la Licra ne se focalise plus que sur ces « petits fours » évoqués dans le tweets du journaliste. « Pas une seule seconde m’est venu à l’esprit de faire un jeu de mots. Seuls quelques cerveaux malades ont fait cette analogie », explique, sûr de lui, Taha Bouhafs.

Le militant refuse de s’excuser. Et pour cause, il est certain de n’avoir rien à se reprocher. « Le débat politique peut exister, on peut discuter de la comparaison entre antisionisme et antisémitisme lors de la venue de Finkielkraut chez les Gilets jaunes. J’en débats avec des amis. Mais qu’on dénonce un jeu de mots inventé, non ! C’est du terrorisme de la pensée », peste Taha Bouhafs qui paraphrase Jean-Luc Mélenchon pour déplorer le « rayon paralysant » de l’antisémitisme manié régulièrement par le CRIF et la Licra.

« J’ai été jeté en pâture de façon diffamante »

Au-delà du buzz provoqué par ce tweet — finalement en défaveur de la Licra —, Taha Bouhafs est aujourd’hui touché dans son for intérieur. Pour ce militant antiraciste, être comparé à Jean-Marie Le Pen et son « Monsieur Durafour crématoire » est une insulte. Et les conséquences sont plus dramatiques qu’il n’y paraît. « J’ai été jeté en pâture sur des sites comme celui de la LDJ et par des personnalités parmi lesquelles Raphaël Enthoven, de façon diffamante. Aujourd’hui, je reçois en messages privés des insultes et des menaces, des ‘Sale bougnoule, va crever’ », explique Taha Bouhafs.

Après cet épisode, Stéphane Nivet a supprimé son compte Twitter, laissant Taha Bouhafs s’occuper du service après-vente de la polémique que le directeur de la communication de la Licra a pourtant lui-même lancée. Le militant antiraciste demande, de son côté, de simples excuses de la Licra. Si ces dernières n’arrivent pas, lui et son avocat s’interrogent sur une éventuelle procédure judiciaire.

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