« Des postes d’observation étaient en place et le régime (syrien) devait rester en dehors de cette zone. La Russie et l’Iran devaient s’assurer que le régime reste en dehors », a déclaré Fuat Oktay sur la chaîne NTV.

Il a affirmé que pour sa part, la Turquie avait « assumé ses responsabilités » dans la région d’Idleb.

En vertu d’un accord conclu en 2018 entre Moscou et Ankara, la Turquie dispose de 12 postes d’observation dans la province d’Idleb, dont quatre dans la zone contrôlée par le régime syrien selon des responsables turcs.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a averti Damas de se retirer de ces postes d’ici fin février, faute de quoi Ankara « prendra les choses en mains ».

Des combats meurtriers entre forces turques et syriennes dans la province d’Idleb ont provoqué la mort de 14 soldats turcs dans des bombardements des forces de Bachar al-Assad, soutenues par la Russie.

L’intensification de ces bombardements à Idleb a aussi donné lieu à des échanges acrimonieux entre Ankara, qui soutient des groupes rebelles, et Moscou, allié de Bachar al-Assad.

M. Erdogan a ainsi accusé Moscou de prendre part au « massacre » de civils aux côtés des forces du régime à Idleb.

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a riposté en accusant la Turquie de ne rien faire pour « neutraliser les terroristes à Idleb », une situation qu’il a jugée « inacceptable ».

En réponse, Hulusi Akar, le ministre de la défense turc, a déclaré que la force serait employée contre quiconque ne respectera pas le cessez-le-feu, y compris « les radicaux ».

La région d’Idleb est aux mains d’un groupuscule rebelle dominé par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d’Al-Qaïda).

Ces derniers jours, la Turquie a envoyé des renforts militaires à Idleb. Le quotidien Hurriyet a indiqué samedi qu’un convoi de 60 véhicules transportant des commandos et des véhicules blindés avait été envoyé pour renforcer les postes turcs.

Ankara dit vouloir mettre fin à l' »agression » menée par le régime syrien, afin d’épargner la population civile et et de prévenir un nouvel exode de Syriens vers la Turquie.

« La Turquie ne supporterait pas une nouvelle vague de migration », a déclaré le vice-président Fuat Oktay. Le pays accueille plus de 3,6 millions de réfugiés syriens.

La guerre en Syrie a fait plus de 380.000 morts et des millions de réfugiés depuis son déclenchement en 2011.