J’aime Rachid Nekkaz. Je l’aime pour l’originalité de son esprit et la puissance de sa volonté. Cet homme est du bois dont on fait les radeaux d’enfants et les arches de la Bible. Là où la clique au pouvoir est du bois dont on fait potences et latrines.

Cela fait désormais deux mois qu’il est détenu dans les prisons de l’Etat coprolithe algérien, à la maison d’arrêt de Koléa dans la banlieue d’Alger.

Je suis allé le visiter il y a quelques jours. Il est à l’isolement. Alors il passe ses journées à lire. Des auteurs algériens. Des consciences qui continuent à lui faire entrevoir dans la nuit crasseuse qu’est désormais sa vie, que les Algériens forment un grand peuple. Un grand peuple prostitué par une association bien organisée de proxénètes. Il lit et se prépare à l’éventualité de sa condamnation à mort.

Aujourd’hui, l’Etat coprolithe algérien a deux grandes options : libérer Nekkaz au nom de la liberté d’expression et du droit de critiquer, même de manière enragée, l’action d’un gouvernement plouto-fasciste, ou le laisser croupir en prison de longues années, voire l’exécuter sur le fondement de l’article 77 du code pénal, et ainsi en faire un martyre mandélien.

Le coprolithe a donc deux grandes options, mais dans les deux cas, c’est Nekkaz (ou son cadavre) qui gagne et le coprolithe qui perd. Il ne saurait en être autrement pour un système aussi injuste et corrompu.

Algérie vaincra!