Le club de première division a annoncé lundi avoir recruté l’international nigérien Ali Mohamed au poste d’attaquant, sur la base d’un contrat de trois ans.

« Ali Mohamed doit se trouver un surnom pour évoluer à +Teddy+ », le stade du club à Jérusalem, a réagi « La Familia », branche la plus radicale des supporteurs du Beitar, sur sa page Facebook suivie par plus de 36.000 personnes.

Ce joueur de 23 ans évolue déjà dans le championnat israélien depuis quatre ans. Il est passé par le Beitar Tel-Aviv/Ramla (2e division) puis le Maccabi Netanya (1re division), où il a attiré l’attention par ses performances.

Selon les médias israéliens, Ali Mohamed est de confession chrétienne, mais son nom à consonance musulmane pose tout de même problème aux supporters de « La Familia ».

Le Beitar Jérusalem, qui a remporté six fois le championnat israélien, est connu pour les violences anti-arabes de certains de ses supporters. Ceux-ci conspuent notamment les joueurs arabes des équipes adverses en proférant des insultes contre le prophète Mahomet.

Le club, héritier de la droite nationaliste israélienne, n’a jamais recruté de joueur arabe, un cas rare en Israël, où les Arabes israéliens, descendants des Palestiniens restés sur leurs terres après la création d’Israël en 1948, représentent 17,5% de la population.

Mais il a pris la défense de sa recrue nigérienne.

« Nous avons lu des réactions et des menaces à la suite du transfert d’Ali Mohamed et nous ne laisserons pas une minorité salir la réputation du club », a dit lundi soir le Beitar Jérusalem dans un communiqué sur sa page Facebook.

« Nous sommes fiers d’avoir fait signer Ali Mohamed, le meilleur joueur étranger du championnat », a-t-il ajouté.

Le joueur, qui n’était pas joignable afin de déterminer s’il entend avoir recours à un surnom, n’a fait aucun commentaire.

En 2013, le club avait recruté deux footballeurs musulmans originaires de Tchétchénie, une république russe du Caucase.

Cette décision avait déclenché des réactions racistes d’une frange des supporters au point que l’équipe avait dû engager des gardes du corps pour protéger les joueurs. Les bureaux du club avaient été incendiés.

Le Beitar Jérusalem s’est employé à changer son image ces dernières années et a reçu en 2017 un prix pour sa lutte contre le racisme, des mains du président israélien Reuven Rivlin.