"Stop à l'islamophobie": un guide destiné aux étudiants musulmans dans les sphères professionnelles et universitaires.

Obligée d’enlever son voile en stage, exclu du cours pour sa barbe, privé de passer ses examens pour son engagement religieux… Plus de 11% des cas de discrimination enregistrés par le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) durant le premier semestre de l’année 2014 ont eu lieu dans le cadre des établissements d’enseignement supérieur. C’est la raison pour laquelle cet organisme vient de publier un guide destiné aux étudiants : « Stop à l’islamophobie ».

Stigmatisation quand tu nous tiens !

Le CCIF et EMF (l’association Etudiants Musulmans de France) affirment que « de nombreux étudiants sont couramment victimes de discrimination en raison de leur appartenance réelle ou supposée à la communauté musulmane». Qu’il s’agisse de tenue vestimentaire ( le voile en particulier) ou de comportements liés à des pratiques rituelles telles que la prière ou le jeûne, on aura toujours quelque chose à reprocher aux étudiants musulmans. Cette discrimination peut émaner des professeurs, des agents de l’administration ou des collègues. Parfois, ce sont même des responsables qui se livrent à des propos islamophobes alors qu’ils sont censés défendre les intérêts de tous les membres de leur communauté sans exception. C’est bien le cas de Fabian Engelmann , le maire FN, qui ne cesse de stigmatiser les musulmans de sa commune. Une chose est sûre : les victimes de l’islamophobie ignorent souvent leurs droits ainsi que la législation en vigueur pour pouvoir se protéger.

Comment dire « Stop à l’islamophobie » ?

« Stop à l’islamophobie  » est un guide de 15 pages qui a pour objectif d’éclairer les étudiants victimes de discrimination religieuse sur leurs droits dans les universités et les établissements scolaires. Le guide s’intéresse particulièrement aux stages. En effet, cette étape est primordiale pour un étudiant afin de garantir une intégration fluide à la vie professionnelle. Malheureusement, plusieurs étudiants musulmans et surtout les jeunes filles voilées peinent à décrocher un stage dans un établissement qui accepte de les accueillir vêtues de la sorte. En France, les responsables des stages sont très sensibles au voile, à la barbe et même aux noms et aux prénoms des musulmans. Les étudiants ne sont pas les seules victimes de la discrimination religieuse. En effet, Kamel Meziti, professeur universitaire, a été victime de discrimination pour ses propos pro-musulmans. Il a été privé de sa titularisation en octobre 2014. C’est cette discrimination qui a motivé les deux associations pour rédiger le guide. Ce dernier énumère les différentes difficultés auxquelles fait face la communauté musulmane : études, stages, emploi… Dire « Stop à l’islamophobie » est une initiative qui mérite d’être encouragée.

Source (ici)

Yassine Bannani

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