C’est un massacre qui, 25 ans plus tard, reste dans les esprits. En juillet 1995, l’Armée de la République serbe de Bosnie du général Ratko Mladić et une unité paramilitaire pénétraient dans la ville de Srebrenica malgré la présence de 400 Casques bleus et y perpétraient un véritable massacre. Pire tuerie sur le sol européen depuis la Seconde Guerre mondiale, le massacre de Srebrenica était, samedi, commémoré par les habitants de cette zone. Si les dirigeants politique et militaire des Serbes de Bosnie à l’époque des faits, Radovan Karadzic et Ratko Mladic, ont été condamnés à perpétuité par la cour pénale internationale, la cicatrice est béante : seules 6 900 victimes du massacre sur les 8 000 ont été retrouvées et identifiées, éparpillées dans plus de 80 fosses communes.

Ce génocide reste un sujet douloureux, les autorités serbes de Bosnie refusant de qualifier ainsi ce massacre. Le maire serbe de Srebrenica, Mladen Grijicic, explique qu’il y a « tous les jours de nouvelles preuves qui nient la présentation actuelle de tout ce qui s’est passé » dans sa ville. Alors, les musulmans de Bosnie tentent de défendre la vérité. Pour perpétuer la mémoire des victimes du massacre de Srebrenica, des expositions ont été installées et les habitants ont pu, en nombre limité à cause du coronavirus, se recueillir devant le mémorial dressé pour se souvenir des victimes. Une commémoration importante pour se rappeler qu’il y a un quart de siècle, des autorités politiques ont voulu opérer un nettoyage ethnique. Vingt-cinq ans plus tard, d’autres pays comme la Chine ou la Birmanie, tentent de faire de même.