Après l’anglophone Arab News, Arab News Pakistan et Arab News Japan, voici Arab News… en français. L’un des principaux quotidiens de langue anglaise du Moyen-Orient, un titre saoudien, s’internationalise. Une façon pour l’Arabie saoudite de rattraper son retard en la matière sur le Qatar. Car le petit émirat dispose de médias en français, parmi lesquels AJ+. Mais l’Arabie saoudite était la grande absente de ce grand-messe médiatique. Avec Arab News en français, le royaume veut se montrer sous son meilleur jour au public de l’Hexagone.

Cette stratégie de soft power en termes de médias, le royaume la doit à Faisal Abbas. Depuis quatre ans, le rédacteur en chef d’Arab News a pour mission de rendre plus internationale la diffusion de son journal. « Comme les Français, je crois que nous, les Arabes, sommes très fiers de notre héritage culturel. Et contrairement aux Français, je pense que nous ne savons pas très bien comment le commercialiser », indique le patron de la rédaction d’Arab News qui compte désormais « passer beaucoup de temps à expliquer notre culture et nos différences culturelles d’un point de vue journalistique ».

Une stratégie dans la continuité des réformes conduites par MBS : le prince héritier d’Arabie saoudite multiplie les effets d’annonce mais, au fond, le royaume reste conservateur. Celui-ci a donc besoin d’un support médiatique positif, lui qui est bien souvent mal accueilli dans de nombreuses rédactions françaises qui comptent les morts au Yemen ou remarquent que la tutelle masculine est toujours en vigueur dans le royaume. Avec Arab News en français, Ryiad aura donc un outil de propagande plus efficace.

Celui-ci sera conduit par une journaliste libanaise, Randa Takieddine, qui, de Paris, va gérer une équipe de journalistes en France. A la façon du Huffington Post, Arab News en français pourra également s’appuyer sur son réseau de reporters arabes et africains francophones. Se présentant comme un journal libre, Arab News devrait cependant rester pro-régime. En 2007, un de ses journalistes, Turki al Faisal, avait déjà limogé pour plusieurs articles critiques contre l’Indonésie mais également contre le président égyptien Hosni Moubarak.