Après trois ans de combat judiciaire, la ville de La Seyne-sur-Mer, dans le Var, a enfin pu donner le nom de « Yasser Arafat » à une rue.

Une idée du maire, Marc Vuillemot (PS), qui voulait honorer la mémoire du leader palestinien, prix Nobel de la paix en 1994.

Mais ce panneau n’était pas du goût d’un élu UDI, bien qu’il soit installé depuis plusieurs années déjà, à l’artère d’un quartier populaire de la Seyne-sur-Mer. Jean-Pierre Colin, un des conseillers municipaux de la ville, a donc déposé un recours pour faire annuler la délibération du conseil autorisant cette dénomination. 

Le motif ? L’homme politique a estimé que ce panneau invoquait « un préjudice d’image » pour la ville, « une agression » et « un risque de trouble à l’ordre public ». Pour lui, la personnalité et le parcours de l’ancien dirigeant de l’OLP posaient problème, le qualifiant de « nationaliste palestinien, terroriste et antisémite notoire ». 

« Dans le même quartier, il y a aussi une rue Yitzhak-Rabin. Que je sache, les deux hommes ont reçu le prix Nobel de la paix ensemble ! », avait alors réagi le maire de la ville.

Le 12 février dernier, la justice a fini par trancher. Le tribunal administratif de Toulon a donné raison à la ville, première et unique commune de France à baptiser une rue du nom de Yasser Arafat. 

Il a estimé qu’il n’y avait aucun risque d’atteinte l’image de la ville, ni de trouble à la sécurité n’existant réellement. Le jugement précise aussi que 2 000 euros devront être versés à la commune, en dédommagement des frais exposés par cette procédure.

Mais une semaine seulement après cette victoire du maire, des militants sionistes de la Ligue de Défense Juive (LDJ) ont voulu donner raison à l’élu UDI, en recouvrant de peinture noire le panneau. Les militants s’en sont même vantés sur les réseaux sociaux estimant que celui-ci faisait « l’apologie du terrorisme ».