C’est une des spécificités du sénat : les élus présents dans l’Hémicycle ont le droit à une liberté de parole totale, qu’importe la teneur des propos tenus. Et cela vaut pour Jean-Louis Masson. Le sénateur avait fait le buzz après des propos hallucinants sur les femmes portant le foulard, allant jusqu’à les comparer à des « sorcières d’Halloween ». « On pleure misère sur la mère de famille, etc., la pauvre, etc. Elle n’avait qu’à pas mettre son voile, elle n’aurait pas eu de problème, c’est tout », avait-il également dit.

Alors qu’on pouvait s’attendre à des sanctions, il n’en sera rien : le sénateur pourra continuer à insulter les musulmans en toute tranquillité. Selon Public Sénat, le bureau du Sénat s’est pourtant réuni hier pour statuer sur le cas de l’élu. Sauf qu’il ne peut être sanctionné, l’article 26 de la Constitution allant dans ce sens. Un élu peut tout dire sans risque quoi que ce soit tant qu’il est dans l’Hémicycle.

Le Bureau a tenté de garder la face en indiquant : « Suivant la proposition du Président du Sénat, le Bureau a cependant, tout en réaffirmant son attachement au droit absolu à la liberté d’expression des sénateurs, désapprouvé le caractère provocateur et vexatoire des propos mis en cause ». Le Bureau du Sénat voit donc dans les propos de Masson de la provocation et la possibilité qu’ils aient vexé les principales intéressées. Sans parler d’islamophobie ou de propos antimusulmans.

Le vice-président PS du Sénat, David Assouline, a cependant tenu à préciser que, selon lui, les propos de Masson pouvaient « être qualifiés d’injurieux, de « diffamation raciale » et d’« incitation à la haine ».