La sénatrice Esther Benbassa quitte la mission d'information sur l'Islam, à qui elle reproche de vouloir stigmatiser l'Islam.

Esther Benbassa vient de claquer la porte de la mission sénatoriale d’information sur l’Islam. Elle reproche la présence de sénateurs FN au sein de cette mission.

L’idée n’était pas si mauvaise que cela… Il s’agissait, indiquait la sénatrice de l’Orne, Nathalie Goulet, « d’avoir un contact direct avec la communauté musulmane de France, de voir comment elle fonctionne, d’apprendre, de mieux la connaître, pour que les choses soient transparentes et que l’on assure la protection des 99 % des Français musulmans qui ont toute leur place dans la République et qui aujourd’hui sont dans une situation difficile. » La mission d’information du Sénat, qui a mis plusieurs semaines à se mettre en place, avait pour ambition d’enquêter sur « l’organisation, la place et le financement de l’Islam en France et de ses lieux de culte. » Mais déjà, les premiers remous.

Ce rapport peut mener à légiférer

En effet, le groupe communiste au Sénat a décidé de ne pas participer à cette mission d’information. Suivi par la sénatrice Esther Benbassa, qui vient de quitter cette mission suite aux premières auditions. Son argument ? « Il est hors de question que je m’assois aux côtés de David Racheline (le sénateur FN du Var) pour parler de financement de l’islam », plaide la sénatrice. Pour cette dernière, le vocabulaire utilisé — « organisation », « financement » ou encore « place de l’islam » — est propice à stigmatiser la communauté musulmane de France. Il faut, assure Esther Benbassa, « la sérénité nécessaire pour aborder ces sujets. »

Or, à croire la sénatrice, on est loin d’avoir, au sein de la mission, cette sérénité tant désirée. Le problème ? Selon Esther Benbassa, cette mission d’information pourrait avoir de fâcheuses conséquences : en effet, rappelle-t-elle, « un rapport peut mener à légiférer. » Or, dans le climat actuel de défiance vis-à-vis de l’Islam, il est peut-être préférable de calmer les choses au lieu de lancer des débats à tout-va. « Il faut faire cela avec doigté et humilité », préconise la femme politique, peu habituée à avoir la langue dans la poche.

Nathalie Goulet n’est pas contente

Pour Nathalie Goulet, cette succession de démissions est un camouflet. Mais la sénatrice de l’Orne estime la réaction des communistes disproportionnée. « Je trouve ça pathétique. Ils auraient assisté aux travaux et auraient trouvé que c’était stigmatisant, j’aurais considéré cette décision autrement. Mais là, ce n’est pas une démarche constructive par rapport à l’ampleur du sujet », affirme Nathalie Goulet, récemment nommée rapporteuse de la mission. Reste à savoir ce que cette mission apportera. Réponse dans quelques semaines…

Pierre Z. Lajarge

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