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Saoudiennes au volant : une mesure qui cache une répression sans nom

Les femmes, dès dimanche, pourront enfin conduire en Arabie Saoudite. Cette mesure ne doit pas faire oublier l’emprisonnement de plusieurs militantes œuvrant pour les droits des Saoudiennes.

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La presse en fait ses choux gras : dimanche, les femmes du royaume saoudien pourront enfin prendre le volant. C’est en effet ce 24 juin que le décret royal autorisant les femmes à conduire entrera en vigueur. Nul doute que le prince héritier saura surfer sur la vague en vantant ses réformes. « Nous n’allons pas passer trente ans de plus de notre vie à nous accommoder d’idées extrémistes et nous allons les détruire maintenant », prévenait-il en octobre dernier. Sauf que… dimanche, la tutelle existera toujours.

Un système qui limite largement les droits des femmes. La tutelle oblige les femmes qui veulent étudier, voyager ou mener un certain nombre d’activités à demander l’autorisation préalable d’un parent de sexe masculin —père, époux ou frère selon les situations. Il y a un an, les dirigeants saoudiens publiaient un décret royal mettant fin au consentement d’un tuteur pour mener des démarches administratives… « à moins qu’il n’y ait une base juridique pour cette demande. »

Des militantes pour les droits des femmes emprisonnées

Un décret très flou. Aujourd’hui, la tutelle masculine est toujours en vigueur. « Du fait de ce système répressif de tutelle masculine, les femmes et les filles sont soumises à une discrimination systématique dans la législation et en pratique, indique Amnesty International. Elles ne peuvent ni voyager, ni exercer une activité rémunérée, ni suivre des études supérieures, ni se marier sans la permission d’un tuteur de sexe masculin. » De plus, précise l’ONG, « les femmes saoudiennes mariées avec des étrangers ne peuvent pas transmettre leur nationalité à leurs enfants, contrairement aux hommes saoudiens qui se trouvent dans la même situation. »

Il reste donc du chemin à parcourir. Le fait que, dès dimanche, les Saoudiennes puissent conduire cache un énorme malaise dans le royaume wahhabite. Car « de nombreuses personnes se trouvent encore derrière les barreaux en raison de leur travail de lutte pour les droits des femmes en Arabie saoudite », continue Amnesty. En juin, Human Rights Watch informait le monde de l’arrestation de Nouf Abdelaziz et Mayaa al-Zahrani, deux militantes œuvrant pour les droits des femmes. Parmi les dix-sept personnes arrêtées pour avoir « porté atteinte » à la sécurité du royaume, plusieurs femmes qui militaient pour le droit de conduire et la suppression du système de tutelle masculine.

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