Athènes est aujourd’hui la seule capitale européenne qui ne dispose pas d’une mosquée. Voilà près de vingt ans qu’un lieu de culte est prévu pour les musulmans de la capitale grecque. Le projet d’ouverture de mosquée peut-il être remis en cause ? En tout cas, la reconversion de l’ancienne basilique Sainte-Sophie d’Istanbul en mosquée a fâché la Grèce, et la communauté musulmane de ce pays redoute un nouveau retard de l’inauguration de la nouvelle mosquée d’Athènes.

Pour l’imam Atta-ul Naseer, « après cet ‘incident’, il pourrait être encore plus difficile d’ouvrir la mosquée officielle à Athènes qu’on attend déjà depuis une dizaine d’années ». Pour le moment, l’imam officie dans un simple appartement. Mais il attend impatiemment un lieu de culte officiel.

En 2007, la Grèce a fini par acter le projet d’ouvrir une mosquée officielle dans sa capitale. Mais très rapidement, l’Eglise orthodoxe grecque et quelques formations nationalistes se sont opposées à ce projet. De multiples reports ont donc été enregistrés et l’Etat grec prend son temps pour laisser se construire l’édifice qui ne comportera pas de minaret.

La mosquée du nord-est d’Athènes doit voir le jour en septembre, avait indiqué le ministère de l’Education et du Culte. Mais après l’épisode de Sainte-Sophie, la Grèce pourrait bien ralentir encore un peu plus le dossier…

Pour l’imam, « de la même manière que les chrétiens attendent de Sainte-Sophie qu’elle reste une église, les musulmans attendent qu’une mosquée reste une mosquée. Elle ne doit pas devenir une église ou autre chose ». Autrement dit, le responsable religieux verrait d’un mauvais œil que sa future mosquée devienne un objet politique. Il rappelle par ailleurs qu’une mosquée existait déjà, mais que celle-ci avait été transformée en musée.

Selon le responsable religieux, « dans l’esprit des Grecs, le musulman est encore assimilé à l’envahisseur turc et le contexte actuel tendu entre les deux pays pourrait être néfaste aux musulmans qui habitent en Grèce ». De quoi retarder l’ouverture de la mosquée ? Réponse après l’été pour les 300 000 musulmans qui prient actuellement dans des lieux de culte improvisés.