Toute la presse française s'est focalisée sur la religion du nouveau maire de Londres, le réduisant ainsi à un simple fils d'immigré musulman.

Comme tous les médias français, LeMuslimPost s’est félicité qu’un musulman devienne maire de Londres. Vu l’usage qui a été fait de la foi de Sadiq Khan, c’était une très mauvaise idée…

C’était pour nous un événement : pour la première fois, un maire musulman allait accéder au poste de maire d’une grande capitale européenne. Nous avons donc titré « Un maire musulman à Londres » le jour du scrutin ou encore « Un musulman en route vers la mairie de Londres » quelques jours plus tôt. L’idée était de se féliciter que, alors qu’en France, les musulmans sont stigmatisés par une partie des dirigeants et par la population, voir un maire musulman dans une grande ville comme Londres était un beau signe d’espoir. L’idée était de montrer que Sadiq Khan allait pouvoir élever le débat sur la place des musulmans dans les pays européens. L’idée était surtout mauvaise.

Réduit à n’être qu’un musulman et fils d’immigré

Car si nous avons relevé que l’arrivée des Travaillistes à la mairie de Londres était un événement, si nous avons préféré parler de sa foi plutôt que de ses propositions, parmi lesquelles la baisse des loyers, nous avons eu tort de mettre en avant ce qualificatif. Car c’était justement la volonté de son concurrent à la mairie, Zac Goldsmith, qui a mené une campagne islamophobe contre son concurrent. Là où les médias français auraient dû parler du programme de Sadiq Khan, ce dernier a été réduit à n’être qu’un musulman fils d’immigré chauffeur de bus, et issu d’un quartier populaire. Certains éditorialistes et dirigeants politiques en ont profité pour véhiculer des idées nauséabondes.

Certes, il faut avouer que, malgré tout, le fait que Sadiq Khan ait été élu maire de Londres est « symboliquement important », comme l’indiquait John Henley, journaliste au Guardian, peu de temps après l’élection. Quand, en France, on n’hésite pas à nier l’islamophobie pour un simple problème de rhétorique, quand les inégalités sont de plus en plus criantes et quand il faut envoyer plus de CV lorsqu’on s’appelle Mohamed que lorsqu’on se nomme Michel, ce symbole est beau. Oui, un musulman a été élu maire de Londres. Un fils d’immigré, né dans un quartier populaire de la capitale britannique. Mais Sadiq Khan est avant tout un homme politique, dont on attend désormais les mesures concrètes.

Yassine Bannani

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