Un festival pour fêter la fin du ramadan a dû être annulé. Un groupuscule d'extrême droite menaçait de manifester sa désapprobation.

L’islamophobie est-elle en train de se développer outre-Manche ? Un festival prévu pour l’Aïd El Fitr a dû être annulé, menacé par un groupuscule d’extrême droite.

Après une campagne électorale teintée d’islamophobie, outre-Manche avant le référendum pour le Brexit, la population britannique est plus que jamais divisée. Preuve de cette désunion, l’annulation d’un festival de fin de ramadan qui vient d’être annulé. Deux-mille personnes devaient y participer, à Southampton. Mais l’initiative de l’Académie culturelle des bangladais britanniques est finalement tombée à l’eau. La faute à des menaces de manifestation d’un groupuscule d’extrême droite, Pie and Mash Squad. Pour éviter tout débordement, les organisateurs de l’événement ont donc préféré tout annuler. « Nous avons pris en compte la conjoncture politique actuelle du Royaume Uni post-Brexit, notamment la montée des actes racistes, les incidents survenus dans plusieurs villes du pays », expliquent les organisateurs.

Les Britanniques sceptiques quant à l’Islam

Ces incidents survenus un peu partout sur le territoire britannique, ce sont notamment des tags anti-Roms sur les murs d’une école ou encore des insultes perpétrées par des chauffeurs de taxi ou par de simple passants contre des étrangers. La volonté du peuple de sortir de l’Union européenne a été la conséquence d’une campagne basée sur le rejet des Turcs et des musulmans. Un climat de plus en plus délétère, alors que le modèle britannique d’intégration est souvent cité en exemple. Un sondage récent révèle que quatre Britanniques sur dix estiment qu’il est « impossible d’être à la fois musulman et citoyen » au Royaume-Uni. Une étude qui montre que les Anglais sont l’un des peuples les plus méfiants vis-à-vis des musulmans, devant les Etats-Unis ou la France.

Yassine Bannani

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