Ce mercredi, le Parlement européen recevait, en mémoire des victimes de l’Holocauste,  une délégation de députés européens d’ascendance Rom. Ces derniers ont profité de cet événement — c’est la première fois que l’instance européenne accueillait un tel rendez-vous — organisé par le Congrès juif européen pour rappeler que, « durant la Seconde Guerre mondiale, les membres de la communauté Rom, entre autres, ont été opprimés par le régime nazi. »

Pour Livia Jaroka, vice-présidente du Parlement européen et rapporteur à l’Union européenne sur la stratégie européenne à l’égard des Roms, ces derniers « sont les victimes oubliées de la Shoah. » Entre 1939 et 1945, 23 000 Tsiganes auraient été internés dans le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. Si les chiffres du génocide les concernant restent flous, on estime que 25 % des Tsiganes européens auraient été exterminés, soit plus de 220 000.

« Toutes les victimes ont fait face aux mêmes souffrances, au même sort, à la même fin, par les mêmes bourreaux », a de son côté indiqué Soraya Post, membre du parlement et rapporteur sur les Droits des Roms. Une façon de rappeler, à deux jours de la Journée internationale de commémoration de la Shoah, que les Roms sont rarement conviés aux cérémonies. Il avait d’ailleurs fallu attendre 1982 pour que soit reconnu par l’Allemagne le génocide tsigane.

Cette rencontre a également été l’occasion pour les Roms de rappeler les craintes qui sont les leurs quant à la montée de l’extrême-droite en Europe. Les députés ont dénoncé les « marches ouvertement néo-nazies » qui ont lieu dans plusieurs capitales et estimé que ces groupuscules « ne devraient pas avoir de place dans l’espace public. » Parmi les pays visés, la Bulgarie et ses 21 ministres d’extrême droite.

Soraya Post a conclu en estimant « que le peuple juif aurait pu en faire davantage pour les Roms, et peut-être que dorénavant, ils y penseront. »