Selon la Commission nationale et consultative des droits de l’Homme (CNCDH), la France va mieux grâce à une baisse significative du racisme. Mais derrière les mots, les maux. Les événements de ces derniers mois montrent que les étrangers et les Français d’origine étrangère ne sont pas tous égaux devant le racisme. Si la CNCDH assure que la société « valorise l’acceptation de l’autre », plusieurs actes racistes montrent qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir. Les Roms sont probablement la communauté la plus touchée et qui a le moins d’échos dans la presse. Il s’agit pourtant, affirme la Commission, de « la minorité la plus stigmatisée aujourd’hui en France. » Pour preuve, l’incendie d’un campement à Marseille en novembre dernier, dont la presse n’a quasiment pas parlé. Jane Bouvier, fondatrice de « l’École au présent », l’assure : « La situation des Roms n’intéresse personne, au contraire, je pense que leur situation est instrumentalisée : les pauvres, les migrants sont responsables de toutes vos difficultés. »

Les Asiatiques toujours ramenés à leur statut d’immigré

Alors que les trois-quarts des Français estiment que la communauté asiatique fait partie intégrante de la France, les faits prouvent une nouvelle fois que le racisme anti-Asiatiques est bel et bien présent en France. La preuve avec la mort de Shaoyo Liu survenue dimanche à Paris. La communauté asiatique a profité de cet événement pour rappeler les discriminations à son encontre. Et ils en ont gros sur les cœur, les Français d’origine asiatique : « Nous aussi on subit le délit de faciès », explique un homme à Streetpress. Comme les citoyens d’origine maghrébine, les Français asiatiques sont toujours rappelés à leurs origines. « On aime bien les Chinois tant qu’ils travaillent et qu’ils se taisent, mais dès qu’on réclame quelque chose, on nous ramène immédiatement à notre statut d’immigré », se désole Wang, interrogé par 20 Minutes. Des citoyens qui dénoncent les « violences » gratuites de la part des policiers qui voient en eux « des citoyens de seconde zone. »

Un élève noir de 10 ans roué de coups pendant trois ans

La Commission nationale et consultative des droits de l’Homme estime enfin que le racisme anti-Noirs est également en baisse. Pourtant, les actes racistes à l’encontre des Noirs sont encore nombreux. Il y a quelques jours, on apprenait qu’un jeune garçon de 10 ans, d’origine guadeloupéenne, avait été harcelé et frappé à cause de sa couleur de peau pendant trois ans. Cris de singes, insultes, coups… Loïc a vécu un harcèlement quasi-quotidien. « On lui a offert une banane la semaine dernière. On lui a dit : ‘Ça vient de chez toi ça’. On le traite de babouin… », dénonce la maman du garçon, qui raconte que l’enfant a été roué de coups le 14 mars dernier : « Lors des coups portés, ils l’ont traité de ‘bamboula’, de ‘singe’, de ‘macaque », raconte-t-elle. La famille a porté plainte contre les agresseurs. La CNCDH insiste sur le fait que les chiffres concernant les actes racisme du ministère de l’Intérieur « ne représentent que la face émergée de l’iceberg, la grande majorité des actes racistes n’étant pas signalés aux autorités. »