« Le roi Salmane est très en colère à propos de ce qui est arrivé à Khashoggi. » La citation est faite par une personne au courant des récentes conversations du roi, indique le Financial Times qui assure que « le monarque vieillissant souhaite des changements dans l’entourage de son fils favori. » Le quotidien britannique dresse ainsi les différents cercles de l’entourage du prince héritier qui risquent aujourd’hui d’être modifiés sur simple volonté du roi.

Le premier cercle — plutôt axé sur la sécurité — est notamment composé de Saud al-Qahtani, sans doute la figure centrale de l’entourage du prince héritier. Celui-ci a déjà été limogé après que son nom a été cité dans l’affaire Khashoggi. L’autre proche de MBS, Turki al-Alsheikh, officiellement conseiller de la cour royale et ancien officier de sécurité, a pour le moment été épargné. Les deux hommes étaient les fers de lance de la campagne lancée contre les militants, les blogueurs, les religieux et encore les hommes d’affaires trop critiques vis-à-vis de la famille royale.

Une redistribution des rôles et des tâches

Selon le FT, le roi compte bien prendre des mesures. Mais il ne veut, pour le moment, pas toucher à son fils. Le journal britannique assure que Salmane ben Abdelaziz Al Saoud doit faire un geste pour montrer au monde entier qu’il veut décentraliser le système. Car depuis trois ans, les problèmes sécuritaires et économiques ont tous la même origine : des conseillers novices au service d’un prince héritier pas encore vraiment prêt à régner.

Tout d’abord, il faudra trouver un remplaçant à celui qui a servi de fusible, Qahtani. Les missions initiales de ce dernier ne devraient plus se trouver entre les mains d’un seul homme et devraient donc être partagées par plusieurs conseillers. La chute de Qahtani implique aussi la dissolution de son agence chargée de la stratégie de Riyad notamment sur les réseaux sociaux. D’ores et déjà, le roi Salmane a décidé de la création d’une nouvelle agence de veille concernant l’image du pays à travers le monde.

Des ministres écartés par MBS

Autre changement prévu, selon le FT : le retour, après sa suppression, du poste de conseiller à la sécurité nationale. Et là, la famille royale veut placer ses pions : après que l’oncle de MBS, Ahmed ben Abdelaziz, a été appelé à la rescousse, c’est cette fois le frère cadet du prince héritier, Khalid bin Salmane, qui pourrait être le candidat idéal pour ce poste.

Reste à savoir ce que le roi fera pour décentraliser le pouvoir des conseillers au cercle plus large du gouvernement. Car jusqu’à maintenant, certains ministres, jugés compétents, semblent avoir été écartés par MBS des différentes discussions. Lors de la purge des hommes d’affaires, plusieurs ministres n’avaient en effet pas été mis au courant de l’opération. Un remaniement pourrait permettre de changer la donne.