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Rohingyas : la propagande birmane est en marche

Alors que la communauté internationale accuse les autorités birmanes de génocide, le Myanmar tente de faire croire que tout va bien pour les Rohingyas encore sur place.

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C’était lors d’un voyage organisé par les autorités birmanes. Des journalistes étaient invités à rencontrer quelques uns des 200 000 Rohingyas restés dans l’Etat du Rakhine après l’épuration ethnique qui a causé un exil sans précédent. Entourés de militaires ou de policiers, les musulmans birmans encore présents sur place n’osaient pas parler, rapporte le Washington Post. De peur, certainement, d’être à nouveau visés par les forces de l’ordre.

Alors que la Commission des droits de l’Homme de l’ONU avait lâché un rapport accablant sur le génocide et demandé que le Myanmar avoue son implication dans les exactions commises par l’armée et par des nationalistes bouddhistes, la Birmanie a décidé de lancer une campagne de communication pour montrer que tout allait bien.

Une propagande bien orchestrée par le gouvernement d’Aung San Suu Kyi. Avec un message qui a du mal à passer : « Comment peut-il s’agir d’un génocide si les musulmans sont toujours là ? », demande un responsable aux journalistes. L’objectif des voyages de presse organisés par le Myanmar est de montrer que, contrairement à ce que disent les experts indépendants de l’ONU, le pays n’en veut pas à ses musulmans. Au contraire, l’Etat dit agir au nom de la sécurité.

Mais loin des policiers, le Rohingya silencieux finit par raconter aux journalistes la vérité : les maisons brûlées, les Ronhigyas chassés et, surtout, l’obligation par les forces de l’ordre de dire qu’il est « bien traité » par ces dernières.

Ce déni birman semble être la marque de fabrique de l’ancien prix Nobel de la paix qui a toujours assuré qu’il ne se passait rien dans cette province birmane. Quid alors des deux journalistes de l’agence de presse Reuters, Wa Lone et Kyaw Soe Oo, emprisonnés après un reportage ? Aung San Suu Kyi dit ne pas vouloir interférer avec la justice et vouloir que celle-ci reste indépendante.

« En fin de compte, aucun progrès notable n’a été enregistré », estime un haut diplomate de Yangon, qui assure que le gouvernement n’a pas pris conscience de la situation. En attendant, les bouddhistes et les hindous s’installent dans de nouvelles maisons construites dans l’Etat de Rakhine, ils remplacent ainsi les musulmans rohingyas partis au Bangladesh ou côtoient les rescapés qui, eux, sont toujours victimes de harcèlement.

Alors, quand le gouvernement du Myanmar se dit prêt à rapatrier les réfugiés rohingyas, personne n’y croit. D’autant qu’aucun calendrier n’a été avancé et que les défenseurs des droits humains assurent que les droits des Rohingyas ne sont pas assurés pour autant.

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