« Les membres des communautés Rakhine, Chin, Mro, Daignet et Rohingya sont de plus en plus frappés par le conflit armé dans les Etats Rakhine et Chin », a-t-elle déclaré à l’ouverture du 45ème Conseil des droits de l’homme à Genève.

Elle a dénoncé des disparitions, des déplacements massifs, des exécutions extrajudiciaires, des actes de torture, des détentions et des arrestations arbitraires, des destructions de maisons, ainsi que l’augmentation du nombre de victimes civiles.

Dans certains cas, les civils « semblent avoir été attaqués sciemment et de manière indiscriminée, ce qui pourrait constituer de nouveaux crimes de guerre voire même des crimes contre l’humanité », a déclaré Mme Bachelet.

Selon elle, le gouvernement birman n’a pris aucune mesure concrète pour que les responsables « de la terrible crise humanitaire », dans laquelle ont été jetés les Rohingyas par les opérations militaires dans l’Etat Rakhine, aient à rendre des comptes.

Des images satellitaires et des témoins ont affirmé que des zones entières avaient été brûlées, ce qu’a démenti le gouvernement.

Quant aux élections législatives du mois de novembre, Mme Bachelet a jugé la situation actuelle « décevante ».

« La très grande majorité des Rohingyas sera empêchée de participer aux élections, puisqu’ils ont de fait été déchus du droit de vote qu’on leur reconnaissait auparavant et de se présenter comme candidat », a-t-elle déclaré, réclamant des actions pour que les Rohingyas « soient inclus dans la vie de leur pays ».

Depuis 2017, quelque 740.000 Rohingyas ont fui les exactions de l’armée birmane et se sont réfugiés au Bangladesh voisin où ils s’entassent dans d’immenses camps de fortune. Cette crise a conduit la Birmanie à se voir accuser de « génocide » devant la Cour internationale de justice, plus haute instance judiciaire de l’ONU.