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Rohingyas : Amnesty International retire un prix à Aung San Suu Kyi

Neuf ans après lui avoir remis le prix Ambassadeur de la conscience pour son courage, Amnesty International a décidé de retirer sa récompense à Aung San Suu Kyi, qui a failli à ses obligations morales.

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En 1991, Aung San Suu Kyi recevait le prix Nobel de la Paix. Près de deux décennies plus tard, après une longue assignation à résidence, la Birmane était honorée par Amnesty International. Le prix Ambassadeur de la conscience venait alors récompenser Aung San Suu Kyi pour son courage. La secrétaire générale d’Amnesty International de l’époque, Irene Khan, avait affirmé que la Birmane « reste un symbole d’espoir, de courage et de défense indéfectible des droits humains, non seulement pour la population du Myanmar mais aussi pour les gens du monde entier. »

Neuf ans plus tard, le ton est plus grave. Et pour cause : l’ONG a décidé qu’il fallait revenir en arrière. Secrétaire général d’Amnesty, Kumi Naidoo a écrit à Aung San Suu Kyi « pour l’informer que l’organisation lui retire le prix. » Naidoo regrette d’avoir placé ses espoirs en Aung San Suu Kyi. « Nous espérions que vous continueriez d’user de votre autorité morale pour dénoncer l’injustice où qu’elle se manifeste, et pour le moins au Myanmar », écrit le secrétaire général qui indique ajoute que, « au lieu de cela, nous sommes à la fois inquiets et déçus par votre trahison manifeste et persistante des valeurs fondamentales que vous avez défendues pendant des décennies. »

L’ONG déplore que le prix Nobel de la Paix 1991 ait « choisi d’ignorer et d’excuser la violente répression et les crimes contre l’humanité commis par l’armée contre les Rohingyas et les minorités dans l’Etat kachin et le nord de l’État chan. » Elle estime qu’Aung San Suu Kyi n’est plus, aujourd’hui, « un symbole d’espoir, de courage et de défense inépuisable des droits humains. »

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