La Gambie, soutenue par les 57 États membres de l’Organisation de la coopération islamique, accuse la Birmanie d’avoir violé la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide et demande à la CIJ d’ordonner des mesures d’urgence pour protéger les Rohingyas.

« Votre silence a dit bien plus que vos paroles », a déclaré un des avocats du pays africain, Philippe Sands, en référence aux déclarations la veille d’Aung San Suu Kyi, qui mène personnellement la délégation birmane devant la Cour basée à La Haye.

Depuis août 2017, quelque 740.000 Rohingyas se sont réfugiés au Bangladesh pour fuir les exactions de l’armée birmane et de milices bouddhistes.

Les avocats de la Gambie ont affirmé que les arguments d’Aung San Suu Kyi selon lesquels l’armée birmane avait ciblé des militants ignoraient les allégations de meurtres de masse, de viols et d’expulsion forcée.

« Le mot viol n’a pas été prononcé une fois par l’agente » de la Birmanie, Mme Suu Kyi, a ajouté M. Sands.

Mercredi, Aung San Suu Kyi, 74 ans, a fermement rejeté les accusations de la Gambie selon lesquelles l’armée birmane avait agi avec une « intention génocidaire » lors des exactions contre les Rohingyas.

Selon Paul Reichler, un autre avocat de la Gambie, il n’y a « aucune preuve que les opérations de nettoyage des forces armées birmanes visaient des terroristes et non pas la population rohingya ».

Parmi les morts figuraient, selon M. Reichler, des « enfants battus à mort ou arrachés aux bras de leur mère et jetés dans les rivières avant d’être noyés. Combien d’entre eux étaient des terroristes? »

« Un conflit armé ne peut jamais être une excuse pour un génocide », a-t-il martelé devant les juges.

Une décision de la CIJ sur la demande de mesures d’urgence pourrait prendre des mois. Un arrêt sur le fond de l’affaire n’est pas attendu avant plusieurs années.