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République centrafricaine : non-lieu pour les soldats français accusés de viols

Les juges d’instruction ont ordonné un non-lieu dans l’enquête sur les accusations de viols en Centrafrique par l’armée française.

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Suivant les réquisitions du parquet de Paris, les juges ont finalement clos le dossier sur les accusations de violences sexuelles commises sur des enfants centrafricains par des soldats français, faute d’avoir pu établir leur implication. 

Révélées en 2015, ces accusations ont terni l’image de l’armée française, dont les soldats avaient été déployés en Centrafrique dans le cadre de l’opération Sangaris en 2013-2016, afin d’y restaurer la sécurité dans le pays. Des violences avaient éclatés entre les Séléka, des rebelles musulmans et des miliciens chrétiens, les anti-balaka. 

Aucune mise en examen n’a donc été établie. Dans ses réquisitions, le parquet a souligné « qu’il ne peut être affirmé à l’issue de l’information qu’aucun abus sexuel n’a été commis », mais il a estimé que les incohérences matérielles et « la variation des témoignages ne (permettaient) pas d’établir des faits circonstanciés et étayés à l’encontre des militaires ». 

Pourtant, une note interne de l’ONU révélée par The Guardian en avril 2015, avait relayé les auditions de six garçons de 9 à 13 ans. Ils accusaient une dizaine de militaires d’avoir abusé d’eux (des Français mais aussi des Casques bleus tchadiens et équato-guinéens), entre décembre 2013 et juin 2014, dans le camp de déplacés de l’aéroport M’Poko de Bangui, en échange de rations de nourriture. En juillet 2014, le parquet de Paris avait aussitôt ouvert une enquête, restée secrète. Un silence qui a été reproché aux autorités françaises et à l’ONU. 

Des témoignages d’enfants recueillis dans « des  conditions inappropriées », selon l’avocat

L’avocat de l’ONG qui défend les enfants compte faire appel. « Il est vraisemblable que nous allons faire appel pour ne pas donner le sentiment, à celles et ceux qui se sont battus dès le départ, que l’affaire est terminée et que nous renoncerions à identifier les auteurs des infractions et à établir les responsabilités et les culpabilités », a déclaré à l’AFP Emmanuel Daoud, avocat de l’ONG Ecpat qui lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants.

En effet, si les auteurs de ces possibles crimes n’ont pas été identifiés, le soupçon demeure, sans que la lumière n’ait été faite sur cette affaire. L’avocat estime d’ailleurs dans Libération qu’il y a « des éléments qui n’ont pas été pris en compte » ainsi que « des témoignages d’enfants recueillis dans des conditions inappropriées » (sans avocats ni psychologues et longtemps après les faits). De plus, cinq militaires avaient été entendus par les juges et l’un d’entre eux avait été placé en garde à vue, alors que des éléments à caractère pédophile avaient été retrouvés sur son portable. Cette enquête laisse donc un goût amer pour les parties civiles, qui la juge inachevée voire bâclée. 

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