Vendredi matin, Emmanuel Macron était l’invité politique de Beur FM. Au micro de la radio, le candidat à la présidentielle est revenu sur la polémique liée à Mohamed Saou qui, indique l’ancien ministre de l’Economie, « après Charlie Hebdo » — comprenez après les attentats contre les caricaturistes du journal — a posté des messages « genre ‘Je ne suis pas Charlie’ » qui ont, poursuit Emmanuel Macron, « choqué des Françaises et des Français de confession juive et qui ont choqué des gens très attachés à la laïcité. »

Un raccourci étonnant repris par la presse : Le Figaro, par exemple, écrit : « Après les attentats de janvier 2015, ce référent d’En Marche! dans le Val d’Oise (Mohamed Saou) proclamait sur les réseaux sociaux : ‘Je n’ai jamais été et ne serai jamais Charlie.’ » Sauf que si ce post a effectivement été publié après les attentats de janvier 2015, c’est en réalité près de deux ans plus tard que Mohamed Saou a écrit ce message. C’est en effet à l’occasion d’un dessin de fort mauvais goût de l’hebdomadaire satirique suite au tremblement de terre qui avait secoué l’Italie en septembre 2016 que Mohamed Saou a déclaré ne pas être Charlie. A l’époque, le maire d‘Amatrice, épicentre du séisme, avait porté plainte. Quant à l’ambassade de France à Rome, elle avait indique que « les opinions exprimées par les journalistes sont libres et le dessin de Charlie Hebdo ne représente en rien la position de la France. » La France avait donc, en septembre 2016, le droit de ne pas être Charlie. Mohamed Saou, lui, a été contraint de se mettre en retrait de la campagne d’Emmanuel Macron. La liberté d’expression, oui. Mais pas pour tous.