Treize membres du mouvement d’ultra-droite ont été interpellés en Ile-de-France et dans le sud du pays. Ce collectif proche de la mouvance survivaliste, persuadé de l’imminence d’une guerre civile causée par l’immigration, prévoyait de violentes actions.

C’est un important coup de filet auquel ont procédé les forces de l’ordre. Sur la base d’informations recueillies par la Direction générale de la sécurité intérieure, les gendarmes de l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité ont pu interpeller douze hommes et une femme, du groupuscule « Recolonisation France ». 

Surveillée depuis plus d’un an, cette faction d’ultra-droite est encore plus à droite que l’extrême droite. Convaincue qu’une guerre civile était imminente du fait de la pression migratoire, elle appelait à la constitution de groupes armés. Parmi les membres arrêtés, figurent plusieurs militaires, dont un colonel de gendarmerie en poste dans les Yvelines. Les gardes à vue sont en cours et visent notamment à déterminer leurs projets, sachant que plusieurs armes ont été retrouvées dans certains domiciles.

Le parquet de Marseille, ​à l’origine de la commission rogatoire, a précisé dans un communiqué que ces individus « échangent et se rassemblent autour d’une idéologie identitaire, raciste et violente, notamment véhiculée à travers les réseaux sociaux ». Plus de 110 membres composent le groupuscule, répartis sur l’ensemble du territoire. 

La montée des discours haineux

L’ultra-droite a massivement investi les plateformes numériques et les réseaux sociaux. Influencée par les propos et discours de l’extrême droite, elle tend à se propager progressivement, et attire de nouveaux sympathisants, de plus en plus nombreux. Skinheads, néonazis, racistes ou encore xénophobes, prônent un discours identitaire, basé sur un slogan précis « la France aux Français ». Mais pas n’importe quels Français, ceux de souche. 

De plus en plus violente, elle s’organise en réseaux locaux, et s’érige en défenseur contre les musulmans, les migrants et les étrangers. La montée du nationalisme, et des discours haineux est favorisée par la prééminence dans les médias et sur la sc​ène politique des questions relatives à l’immigration et à l’islam. La radicalisation, longtemps dévolue aux musulmans, n’est finalement pas seulement liée ​à l’islam, mais appara​​ît dans des milieux, tr​ès éloignés de la religion musulmane.