L’édition 2020 de ce rapport de 886 pages documente l’état de l’islamophobie en Europe. Le document met à l’honneur un homme politique, le président français Emmanuel Macron, en couverture du rapport dans la mesure où la France a adopté diverses mesures, institutionnalisant une islamophobie d’État.

Depuis quelques années, l’Europe fait face à la montée des extrêmes et des nationalismes, évinçant petit à petit le pluralisme dans les sociétés. Les musulmans sont les premières cibles des politiques, de plus en plus véhémentes et hostiles à la pratique de l’islam. La France n’échappe pas à la tendance.

Bien que le chef de l’État, ne fasse pas parti de la famille politique des extrêmes, mais plutôt identifié comme centriste, il n’en demeure qu’au cours de son quinquennat, il a adopté une position antimusulmane, au nom d’une valeur républicaine : la laïcité. Les auteurs du rapport affirment que « Ce fait même est une nouvelle révélation que le centre est devenu plus extrême par rapport à l’islamophobie. Les musulmans français et autrichiens ont été laissés aux mains d’une violence d’État brutale qui a été légitimée au nom des lois antiterroristes ».

Les spécialistes évoquent le développement d’une « islamophobie d’État », suite à la promulgation de la loi contre le séparatisme en France. En réalité, les politiques françaises ont fait de l’islam un bouc-émissaire, pour restreindre la liberté religieuse et marginaliser les musulmans, encore une fois sous l’étendard de la laïcité. Ces derniers mois, l’Hexagone a observé la fermeture de lieux de culte musulmans, d’associations de lutte contre l’islamophobie, le gel des avoirs et la fermeture des comptes bancaires des mosquées. Les restrictions imposées, ne concernent que les musulmans, et continuent à être appliquées, en vertu de la législation sur le séparatisme religieux.

La communauté musulmane de France, la plus grande d’Europe, est victime de la montée du racisme antimusulman. Cette dynamique est rencontrée dans d’autres États européens. Les musulmans d’Europe sont aujourd’hui confrontés à un ensemble de défis liés à leur racialisation. Le caractère musulman, d’un bon nombre d’Européens est perçu comme un trait négatif, normalisé par les politiques.

La dérive islamophobe en France interroge néanmoins. Cette discrimination volontaire vise-t-elle l’islam en tant que deuxième religion ou les musulmans en tant que personnes pratiquant cette religion ? Si les politiques mises en place tendent à s’attaquer au concept théologique, jugé incompatible avec les valeurs de la République, il n’en demeure pas moins que les premiers visés par ce racisme sont les pratiquants, et donc les musulmans.

L’islam a toujours incarné cet ennemi stéréotypé, une culture identifiée comme différente des valeurs et principes de la République. L’islam a longtemps été le combat des extrêmes et est aujourd’hui l’islamophobie est légitimée par des politiques s’éloignant de l’extrémisme politique. La radicalisation des politiques contre l’islam en France fait craindre le pire, pour la nation des droits de l’Homme. La liberté de conscience, et les droits universels ont été troqués pour le racisme, la xénophobie et l’islamophobie. A l’approche de l’élection présidentielle, l’étau se resserre sur les libertés fondamentales, autrefois défendues corps et âme en France.