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Islam

Le Ramadan est-il un risque qui menace la compétitivité des entreprises ?

Comme chaque jour pendant le Ramadan, notre chroniqueur Asif Arif* évoque, sous un angle original, l’Islam. Aujourd’hui, comment allier travail et jeûne ?

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En ce jour de jeûne pour les musulmans de France, les dirigeants des entreprises (TPE, PME ou entreprises cotées sur un marché règlementé) se posent la question de savoir si la bonne marche de l’entreprise ne va pas en être affectée. Cette question, si elle parait légitime d’un point de vue théorique, l’est beaucoup moins d’un point de vue pratique.

Favoriser la bonne entente et les aménagements

En réalité, dans la vie de la société, il va se présenter plusieurs situations. D’abord, il existe des métiers où la pénibilité n’est pas aussi importante que dans d’autres secteurs (métiers de la construction face aux métiers du tertiaire). Dans une telle hypothèse, la voie la plus adaptée semble être la discussion entre le manager et le salarié afin d’adapter son emploi du temps, tant que cette adaptation ne perturbe pas le bon fonctionnement de l’entreprise.

Au fond, un tel aménagement est propre au contrat de travail et la relation éminemment humaine qu’il crée. En effet, un salarié souhaitant éviter les bouchons matinaux va d’abord décider de quitter sa maison plus tôt le matin pour finir plus tôt dans l’après-midi. Voici une adaptation qui n’est pas exorbitante et qui permet de satisfaire tout le monde. Et un salarié satisfait est un salarié productif.

Pendant le mois du Ramadan, les salariés de confession musulmane vont être amenés à se lever très tôt. Pour certains, il est préférable de se rendre sur le lieu de travail plus tôt et finir plus tôt. Cela n’est pas contraire à la loi et découle davantage du bon sens dans les relations hiérarchiques.

Dans les métiers où la pénibilité du travail est importante, le salarié doit comprendre que le Code du travail prévoit un principe et une limite. Le principe est celui de la libre manifestation de sa liberté religieuse. Toutefois, il existe plusieurs exceptions, dont notamment la bonne marche de l’entreprise. Ainsi, si le jeûne d’un salarié porte atteinte au bon fonctionnement de l’entreprise, celui-ci peut être contraint de travailler aux heures et conditions normales de son contrat de travail.

Souvent, les salariés travaillant dans la construction arrivent à aménager leurs horaires, les dirigeants dans le monde du BTP sachant très bien faire la part des choses. D’autres préfèrent poser des congés payés pendant tout le mois du Ramadan pour notamment pratiquer le jeûne tranquillement et sans contrainte professionnelle.

Aucun texte, que du bon sens

On le voit, et heureusement, aucun texte ne vient régir la question du Ramadan dans l’entreprise. Toutes les décisions relèvent du bon sens. En réalité, nul besoin d’arsenal législatif dans un monde qui se veut foncièrement pragmatique.

Il suffit de retirer les pauses café et cigarettes, de les assembler et de déduire cela du temps de travail total du salarié afin qu’il puisse éventuellement finir plus tôt pour se reposer. Mais, ceci étant rappelé, il faut préciser que les salariés de confession musulmane sont également conscients du professionnalisme qu’ils doivent incarner et il convient de reconnaître que, Ramadan ou pas, ces derniers se montrent tout aussi réactifs qu’un autre salarié.

Asif Arif est avocat au Barreau de Paris, auteur spécialisé sur les questions d’Islam et de laïcité. Retrouvez ici sa page Facebook.

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